Attentat de Trèbes et Carcassonne

Mgr Grua réagit suite au décès du Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame, tué dans la prise d'otage du supermarché de Trèbes, pour sauver une otage.

Si nous mourrons avec Lui, avec Lui nous vivrons (2 Tim 2,11)

Nous avons appris ce matin avec une immense émotion le décès du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, victime d’une prise d’otages hier dans un supermarché de Trèbes, dans l’Aude. Si sa mort nous émeut tous à ce point c’est parce que nous savions depuis hier que ce gendarme avait pris le risque du sacrifice suprême en se substituant à l’un des otages dans l’espoir de sauver des vies humaines. Il a donné sa vie. Ce geste, le plus puissant qui puisse être, couronne la trajectoire d’une vie qui voulait se mettre au service des autres. Le choix de cette activité professionnelle et ses états de service exprimaient déjà l’orientation de toute une vie. Notre émotion, partagée avec ses proches, mêle aujourd’hui une immense peine et une immense admiration pour ce geste qui grandit l’homme. L’homme est capable du pire mais aussi du meilleur. Au cœur de ce drame brille la lumière du don de soi plus forte que les ténèbres du crime.

A la veille de la Semaine Sainte, les chrétiens  ne manqueront pas de rapprocher ce sacrifice de celui du Christ dont ils célèbrent la mort offerte et la résurrection. En demandant à recevoir le sacrement des malades, le colonel Beltrame, ou son entourage, a voulu explicitement unir sa mort à celle de l’unique sauveur. Sa mort est bien celle d’un martyr, c’est-à-dire d’un témoin.

                                                                                     + Bruno Grua