350 ans de la congrégation des soeurs de l'Enfant-Jésus

 

1667 - 2017

En  1644 nait au Puy en Velay, ANNE MARIE MARTEL. A l’Ecole des Pères de Saint Sulpice elle se laisse guider et façonner par l’Esprit Saint. Malgré un tempérament vif, elle agit avec beaucoup de douceur, d’humilité et de patience. Elle vit au plus près, ce qu’elle annonce et entraîne ses compagnes par ce qu’elle est. Son travail se fait de plus en plus intense sur le Puy d’abord puis dans tout le diocèse ; elle avance accompagnée par le Père Tronson. Poussée par l’Esprit elle quitte son milieu favorisé et va vers les plus pauvres ; elle visite les femmes pauvres et malades de l’hôpital d’Aiguilhe.  « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacrée pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » Lc 4,18.  

Cette première Mission est considérée en 1667 comme Fondation de la Congrégation : 

  • elle instruit les jeunes filles (apprendre à lire, à écrire et catéchiser)
  • elle rejoint les dentellières exploitées, leur apprend à prier et travaille à leur promotion sociale
  • elle est attentive aux enfants des rues, aux mendiants, aux pèlerins et  aux paysans…
  • elle suscite des assemblées en ville et à la campagne et en confie l’animation aux demoiselles.
  • elle forme des jeunes femmes apostoliques (« les filles de l’Instruction » appelées « Béates ») pour aller dans les villages les plus isolés.     

En 1673 meurt Anne-Marie Martel. Elle a pris soin de recommander à ses compagnes de se donner sans compter à cette œuvre de l’Instruction. En 1676, Mgr de Bethunes reconnait officiellement les « Demoiselles et Filles de l’Instruction » 

En 1708,  les «  Demoiselles et filles de l’Instruction » fusionnent avec une petite confrérie des Soeurs de l’Enfant-Jésus qui met à leur disposition une grande maison au Puy en Velay ; la Congrégation prend le nom de « Demoiselles de l’Instruction de l’Enfant-Jésus »

1795 Révolution et grande dispersion

Les biens sont confisqués et les libertés très réduites. L’orage passé, elles se retrouvent à trois. Parmi  elles Mlle de Senicrose qui va travailler à la restauration de la Congrégation. Les moyens humains ne sont pas en son pouvoir mais le ciel s’intéresse à sa cause. Les clés de la Maison (maison devenue lieu de commerce) lui sont rendues ainsi que l’autorisation de reprendre ses fonctions..

Au cours du 19eme siècle nombreuses sont les jeunes filles qui viennent se former pour s’engager dans l’enseignement. Les lieux de mission se multiplient, des écoles s’ouvrent un peu partout. En 1804 à Aurillac, Marie Maisonobe ouvre une école rue de Salut, puis rue du Collège. Trois de ses compagnes se proposent pour l’aider ; elles sont soutenues par l’Abbé Noyrit vicaire à Saint-Géraud. Mgr de Belmont, évêque de Saint-Flour leur propose d’aller se former au Puy au couvent de l’Instruction. Des liens étroits se créent entre les deux maisons et de l’aide arrive du Puy. En 1856, elles sont affiliées avec la maison de Rodez, ouverte en 1854 pour des orphelines par Henriette de Séguret. 

En 1888 premier départ pour l’Argentine (7 sœurs et 2 prêtres de Rodez et d’Aurillac) afin d’ouvrir une école à Piguë et d’aider à l’évangélisation. Et en 1918 passage de l’Argentine au Chili. En 1896 la Congrégation du Puy est appelée par Mgr Durieu (omi) pour une mission dans l’Ouest du Canada, auprès des populations autochtones.

1905 : Séparation de l’Eglise et de l’Etat

C’est une période dure à traverser pour les Congrégations ; tous leurs biens sont confisqués ; les sœurs n’ont plus le droit d’enseigner ni de tenir des écoles – dans bien des cas les directions sont prises par des laïcs ; les sœurs sont réduites à l’état laïque ou doivent partir à l’étranger.     
En 1903 départ en Belgique pour la majorité des sœurs, pour d’autres au Canada ou en Argentine. Dans la première moitié du 19eme siècle les deux congrégations se réorganisent avec au Puy Mère Thérésine et a Aurillac Mère Mathilde. En 1949 la Congrégation de la Sainte Enfance, fondée par Catherine de Barisseuse à Rambouillet en 1680, demande la fusion avec Le Puy ; fusion accordée en 1952. Son nom sera désormais « Congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus »    

  • En 1959, suite à la demande faite par Rome aux Congrégations religieuses, la congrégation quitte Rodez et part en Côte d’Ivoire.
  • De 1966 à 1992 elle est présente au Liberia.
  • En 1974 départ pour le Vietnam
  • En 1980 création de l’ Association « Enfant-Jesus »
  • De 1985 à 1995 tentative de Fédération avec la Sainte Enfance et Le Monde Rural
  • En 1996 ouverture de la Communauté en Equateur.
  • En 2005 passage de la Côte d’Ivoire au Burkina Faso.

Le souffle qui a pris naissance au 17eme siècle avec Anne-Marie Martel au Puy en France reste aujourd’hui bien vivant à travers le monde et particulièrement au Vietnam et en Amérique Latine.

Une des caractéristiques de la Congrégation est la simplicité et l’unité dans la diversité. Cet esprit commun est entretenu par des circulaires régulières et communes, mais aussi par les chapitres qui ont lieu tous les 5 ans qui permettent une réactualisation. Sa mission : instruction, éducation, évangélisation et promotion sociale.

A la suite d’Anne Marie Martel, la Congrégation est appelée à être : « Présence d’Amour au Père et aux frères Pour le service très précis d’Eveil et d’approfondissement de la foi » cf. RV n°5

 

A la Providence, des sœurs au parcours étonnant ! Dieu soit loué !

La maison de retraite de La Providence à Aurillac compte actuellement 24 résidents dont 12 laïcs et 12 sœurs de l’Enfant-Jésus.

Parmi ces sœurs, trois sont originaires du Cantal :

Sœur Marie de Loyola AMIOT née en Savoie en 1913 (notre doyenne !) Elle à vécu à Laroquebrou,  et a été élève à Ste Geneviève. Noviciat à Bruxelles, professeur de mathématiques à Rodez, Aurillac, Versailles, Rambouillet, La Rochefoucauld avant de venir à La Providence comme économe… puis résidente.

Sœur saint Michel MAIGNE, née à Aurillac, en 1917, a été  élève à Ste Geneviève. Elle a  enseigné et catéchisé cinq ans à Riom es Montagne et Aurillac avant d’être envoyée à Bruxelles où elle est restée 20 ans.  Ensuite elle a passé 30 ans à Gagnoa, en Côte d’Ivoire, où le soleil d’ Afrique a brûlé ses yeux ..!  avant  de  venir à La Providence en 1995.

Sœur Jeanne NIOCEL (sœur Marie Geneviève), née à Pignou de Bredons en 1920 , a été  élève à Ste Geneviève. Noviciat à Bruxelles, professeur de philo à Rodez puis Aurillac, est devenue supérieure générale de la congrégation en 1969. Mission qu’elle assure, à Versailles, jusqu’en 1980 et qui l’amène à visiter plusieurs fois les communautés du Canada, d’Argentine, du Chili, de Côte d’Ivoire et à accompagner le petit groupe fondateur, au Vietnam en 1974.                                                              Devenue formatrice PRH, elle anime de nombreuses sessions et passe quinze ans au Chili. A son  retour à Paris, elle met à jour les annales de la congrégation et après un séjour à Oullins elle arrive à La Providence en 2007 où elle peut enfin prendre le temps d’exercer ses dons  d’aquarelliste.

De l’Aveyron où la congrégation  était implantée depuis 1856 sont venues de nombreuses vocations. Sœur Jeanne MALIGE, née en 1919. Après le noviciat en Belgique où elle a été enseignante et catéchiste pendant quelques années, elle est venue à Aurillac et a pris racine à L’Externat de l’Enfant-Jésus où elle est restée jusqu’en 2004, date à laquelle elle est arrivée à La Providence.

Sœur François d’Assise LADOUX, est née à Thérondels en 1925. Après le noviciat à Rodez, son premier poste de cuisinière a été la maison de La Providence, alors internat  de 35 élèves. Elle est ensuite « descendue » à Ste Geneviève, puis, départ pour trois ans à La Rochefoucauld  et retour à la rue du Collège où elle est restée longtemps après sa retraite professionnelle, continuant sa participation active à Fring’aide  aux équipes du Rosaire et des sœurs des servi ces communautaires. A La Providence depuis 2007 elle continue à tricoter et à faire fleurir les hibiscus…

Sœur Jean-Baptiste CANITROT, née à Naucelles en 1926, a fait le noviciat à Rodez. Après un séjour à Angoulême elle est revenue, comme cuisinière à Rodez puis à Versailles, à l’Externat de l’Enfant-Jésus  puis à ste Geneviève, devenue : lycée  Saint Géraud. Depuis 2004 elle est à La Providence où elle tricote pour le Secours Catholique couvertures et vêtements d’enfants.

Sœur Thérèse BEDEL, est née à Buzens en 1928. Après le noviciat à Rodez et un séjour de trois ans à Ste Geneviève comme enseignante et catéchiste,  est partie en Belgique, puis à Versailles et à Mauriac. En 1962 c’est le départ pour la  Côte d’Ivoire : Tabou… Sassandra… Gagnoa…jusqu’à son retour à Paris en 2001 ! Elle est à La Providence depuis 2008.

Sœur Marthe GERAUD, née à Réquista en 1934, a enseigné à Riom es Montagnes avant d’entrer au noviciat au Puy en Velay. Enseignante au lycée technique Anne-Marie Martel puis à La Rochefoucauld avant d’ouvrir l’école hôtelière d’Angoulême. Chargée de la tutelle des établissements scolaires  elle a séjourné à Sainte Florine, Roche la Molière, Aurillac, avant de résider, à Issoire et à Paris comme économe  de la congrégation. A ce titre elle a visité les différentes communautés d’Amérique  du Sud. C’est en 2013 qu’elle est devenue Aurillacoise.

Deux sœurs viennent de Haute Loire :

Sœur Marie-Ange DELHERM, née à Solignac sur Loire en 1918. Après le noviciat au Puy elle a enseigné et catéchisé… au Vernet la Varenne,  à Issoire, Rambouillet… avant d’être économe à la Providence. Après quelques années à Issoire, elle est revenue parmi  nous.

Sœur Renée VEDEL, née à Aubazat en 1923, a fait le noviciat au Puy. Premier poste d’enseignante-catéchiste  à Brassac les mines puis St Didier, Champagnac  le Vieux, et Issoire.  A la retraite elle est partie à La Verrière pour 22 ans ! en Charente (St Claud) 7 ans avant de venir nous rejoindre en 2013

Sœur Marie-Claire BRIAT, née à Libourne en 1924, a connu la congrégation en venant à Ste Geneviève comme professeur de gymnastique. Après le noviciat à Rodez, devenue professeur de français et catéchiste, elle a enseigné à Rodez, Aurillac, Mauriac avant d’habiter Paris, 10 ans, comme supérieure provinciale, ce qui lui a donné l’occasion de visiter les sœurs du Canada et d’Amérique latine. C’est ensuite : Aurillac La Rochefoucauld, et Alfortville avant de venir à la Providence en 2014.

Sœur Monique BIBARD, née à Saint-Nazaire en 1928, elle a connu les sœurs de l’Enfant-Jésus à La Rochefoucauld. Après le noviciat à Rodez, elle a enseigné et catéchisé à Riom es Montagnes, Aurillac, en Belgique, à  Angoulême, avant de commencer sa retraite à l’Externat puis à La Rochefoucauld avant de venir  à la Providence en 2013.

Sœur Thérèse-Marie AYMARD , née dans le Lot en 1934, élève à Ste Geneviève depuis la 6eme, a fait le noviciat au Puy avant d’être enseignante et catéchiste, à Versailles,  Aurillac, Brassac les Mines, Mauriac puis 30 ans à La Rochefoucauld ! A la Providence depuis 2004, avec une interruption de 3 ans passés au Puy.


Communauté des Sœurs de l’Enfant Jésus – Aurillac – Février 2017

 

Devant, de gauche à droite : Sr Marie-Ange, Sr Marie-Claire, Sr Marie de Loyola, Sr St Michel, Sr Jeanne Niocel, Sr Renée Vedel

Derrière, de gauche à droite : Sr Monique Bibard, Sr Jeanne Malige, Sr François d’Assise, Sr Thérèse-Marie, Sr Thérèse Bedel, Sr Marthe Géraud, Sr Jean-Baptiste

 

Depuis les années 1980 la congrégation a suscité une association de laïques. La « Famille Enfant-Jésus » compte de nombreux associés et amis qui, avec les sœurs, dans les différents continents, se dépensent sans compter au service des pauvres et de l’Evangile.                                                                 
A Aurillac, le petit groupe d’amies de la congrégation, serait heureux d’accueillir d’autres membres désireux de prier et de partager ce qu’ils  vivent au service des ‘’Petits’’.