Pèlerinage en Terre Sainte

Retour sur le pèlerinage en Terre Sainte d'octobre 2016

 

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique. » (Jean 1, 14)

J'ai lu ici et là que les pèlerins décrivent souvent leur pèlerinage en Terre sainte en termes "d’expérience qui a changé leur vie.". Il leur est même parfois difficile d’exprimer l’immense bonheur ressenti au cours de cette aventure spirituelle unique.​ J’en fais l'expérience moi aussi. Décrire mon ressenti n'est pas chose facile. En même temps comment ne pas vous partager ces quelques jours inoubliables d’octobre 2016.

Bien sûr il faudrait un livre entier pour d’écrire Tout dans son intégralité, je choisis donc de partager avec vous quelques moments. Des temps forts ! De ceux qui vous renversent, et vous marque à jamais… Voici mon récit :

 

Il fait encore nuit ce matin, il pleut et les feuilles mortes commencent à joncher le sol. L’automne s’installe. Pourtant il nous faut avancer. Prendre la route depuis St Flour. Nous devons prendre un vol depuis Lyon pour Tel Aviv en Israël. Nous avons rendez-vous. Un rendez-vous avec un juif de la ville de Jaffa. Il est archéologue et ​sera notre ​guide ​en Terre Sainte. Il s'appelle Alain Hubsch.

Voilà c'est ainsi que tout commence. Nous formons un petit groupe de 6 hommes. Notre évêque Mgr Bruno Grua, 3 prêtres, un diacre, et moi-même un laïc. Notre arrivée se fait de nuit. Ironie du sort, nous ne voyons rien d'autres que cette autoroute déserte et le sable qui l'environne de par côtés. Le paysage est à imaginer, pourtant il est bien là. Il faut ​attendre encore un peu...

Le désert du Néguev

C'est donc ​depuis la ville d'Arad le matin suivant que nous emprunterons une petite route sinueuse​ pour y découvrir ​l’immense... 

                        

La transition se fait sans attendre. Mes yeux encore endormis sont aveuglés par tant de lumière. Je suis en plein désert. C'est la première fois.

Sa puissance d’évocation, entre errance et aridité, me fascine et permet de revivre les débuts de la révélation au côté des patriarches et du peuple hébreu.

La voiture s'arrête après un long moment. Nous descendons, faisons quelques pas dans ce décor sans pareil. Et soudain,​ sous nos yeux​... La mer morte. Elle se trouve 400 mètres plus bas de là où nous nous trouvons. Sans m'en rendre compte,  je ne suis plus en plein désert mais sur une falaise vertigineuse. J’apprendrais qu’il n’existe aucun autre endroit au monde comme celui-là. La mer morte se trouve à 380 mètres sous le niveau de la mer. Le paysage est à couper le souffle... On voit à 360 degrés. La frontière Jordanienne se dessine. Le mont Nébo. La mort de Moïse. L'entrée des hébreux en Terre promise.

Tout commence ici !

Une célébration

Une célébration en plein désert ? Nous bâtissons un petit autel de fortune avec quelques pierres environnantes et nous célébrons la messe. La terre sainte a déjà rempli toutes ses promesses. Ce que je vis est incroyable. Notre évêque se tient devant moi, me présentant le corps et le sang du Christ dans un décor magnifique... Je dois rêver ! Cette sensation ne me quittera plus.

Ici, Dieu a parlé à son peuple et lui a offert cette terre.

La Galilée

Il nous faut ensuite emprunter la route qui longe le Jourdain, afin d’apercevoir les collines verdoyantes de la Galilée qui nous ouvrent leurs portes à présent. La transition des paysages y est surprenante.

Elles y virent éclore l’Évangile. Le pèlerin que je suis, y suit Jésus pas à pas, médite ses gestes et son enseignement.

 Le mont des Béatitudes, Capharnaüm et la maison de Pierre, le sanctuaire de la multiplication des pains de Tabgha, Le lac de Tibériade... Comment ne pas être bouleversé lorsqu'il nous est offert de poser un regard concret et vivant sur des passages d'évangile. Prier là où le Christ le fit de son temps...

Nous voilà 2000 ans en arrière. Notre imagination peut se nourrir de ce lieu, intact pour l’essentiel, et replonger à l’époque du Christ. Les rives du lac sont enchanteresses et les villes qui le bordent ramènent sans cesse aux évangiles.


C'est avec le frère François, depuis le mont des béatitudes, que nous décidons tôt le matin de nous rendre au bord du lac à pied alors que tout semble encore endormi autour de nous.  Le panorama y est splendide. Comment pourrais-je oublié ce moment où pendant notre prière et l'évocation des béatitudes, le soleil se levant sur les contreforts de la Jordanie, est venu réchauffer nos joues et annoncer sa lumière. Moment d'une grâce infinie.

Puis, les jours suivants, Nazareth, Cana et Bethléem bien sûr.

Nous pérégrinons au grès ​des explications passionnées et des visites qu'Alain nous propose. Ses connaissances en la matière sont une mine d'or et nous permette d'appréhender de la meilleure manière qui soit  les sites et lieux saints que nous visitons, où nous prions et célébrons chaque jour. 

J'apprécie également beaucoup la discussion avec lui de la vie des Israéliens d'aujourd'hui. Comment elle s'articule entre Juifs et Palestiniens. Entre les pays frontaliers, qui ne sont autre que Liban, Syrie, Jordanie, Egypte... Ses sensibilités d'archéologue lui permettent une vision pertinente ​des réalités ​de ce pays ​dans une dimension liée à l'échelle du temps et de l'histoire passée qui aiguise notre perception et notre compréhension. C'est ainsi, que dans notre démarches pèlerines, nous évoquerons entre autres, la vie dans les kibboutz, irons rencontrer des soldats de l'armée Israélienne sur un poste avancé de la frontière Syrienne, assisterons à la prière juive orthodoxes dans deux synagogues, nous rendrons au mémorial de la Shoah à Jérusalem...

​Je me dois de vous parler de Jérusalem évidement​

Jérusalem ​et le mont du temple lieu maintes fois évoqué dans la Bible et sacré pour les trois religions monothéistes. Aujourd’hui lieu de culte musulman, cette esplanade abrite le Dôme de la Roche (avec sa coupole dorée, symbole de Jérusalem) et la mosquée El Aqusa. Pour les juifs il s’agit de l’emplacement du temple de Salomon puis d’Hérode abritant le Saint des Saints. Quant à moi je ne peux me défaire de l'image du Christ entrant dans Jérusalem par le mont des Oliviers, réalisant ainsi par sa passion,​ la prophétie.​

Le chemin de croix dans la vieille ville nous amène​ jusqu’au Saint-Sépulcre, lieu de la crucifixion, de la mort et de la résurrection du Christ. Tout de suite en entrant, on accède par un petit escalier au Golgotha, lieu ​où Jésus fut mis à mort. ​A son extrême opposé,​ le tombeau du Christ, lieu de l’unité des chrétiens dans une même foi malgré les blessures des divisions entre Eglises. Évidemment qu'on ne peut revenir indemne d'une expérience pareille...

Cette ville foisonne de vie. Elle est joliment bruyante. Et son parfum y est enivrant. On y croise un arc en ciel de couleur, de diversités ethniques et religieuses. Arabes, Juifs, Chrétiens, Arméniens, et tant d'autres encore... Je crois n'avoir encore jamais vu ça ! C'est magnifique. Tout ces gens qui se croisent sont si différents. Toujours, moi ça me comble de joie et me rends pleinement vivant ! Certes il y a une forte présence armée, mais je ne ressens pas de tensions omniprésentes. Et puis, cette semaine c'est la grande fête de Soukkot (la fête des tentes). C'est la plus ancienne des fêtes bibliques. La ville est envahie par des dizaines de milliers de juifs. Hommes, femmes, enfants... Les gens prient, chantent, dansent un peu partout dans la ville. Comment ne pas tomber sous le charme !

Notre pèlerinage se terminera sur les rives du Jourdain, au lieu baptismal du Christ, près de Jéricho.

A mon tour je rends grâce pour l'opportunité qui m'a été donné de faire ce pèlerinage dans ces conditions... Merci à Mgr Grua pour les catéchèses et lectures d'une grande profondeur dans chaque site où nous nous trouvions. Et de nous avoir fait profiter de sa grande connaissance de la Terre Sainte. Merci également à notre guide Alain. J'ai tant appris...

Comme en était l’objectif de départ, une seule chose m'obsède à présent, y revenir avec un groupe de jeunes. Je pense que ça ne tardera pas...

 

Fabien Bednarczyk
Responsable Diocésain de la Pastorale des Jeunes

 

Télécharger la galerie photos