La commission diocésaine d'Art sacré

Dans l’élan du Synode diocésain, vécu depuis trois ans comme une route d’Emmaüs où le pain de la Parole comme le pain de l’Eucharistie ont été largement partagés, il n’y avait pas de meilleur moment pour installer dans le chœur de la Cathédrale un nouveau mobilier liturgique que la journée du 24 octobre, Journée de clôture du Synode diocésain, pour le bénir et le consacrer !

Notre évêque, Mgr Bruno GRUA, depuis son arrivée à Saint-Flour, en juin 2006 a toujours dit son admiration pour la Cathédrale, en particulier, pour ses lignes élancées, sans fioritures ni surcharges, presque à l’image des églises cisterciennes ; souvent, nous l’avons entendu nous conseiller de "désencombrer l’espace" ! Combien de nos églises en effet perdent de leur capacité à dire l’essentiel, c’est-à-dire la présence de Dieu et l’élan vers Lui, parce que le regard y est détourné de ce lieu unique, signe entre tous de la présence de Dieu à son peuple, le sanctuaire, avec l’ambon, lieu de la Parole, l’autel, signe de la Pâque du Christ et, s’agissant de la cathédrale, la cathèdre, ou siège de l’évêque, signe du Christ présent à son peuple pour le guider dans sa marche vers le Royaume.

L’étonnant, c’est que le sanctuaire de la cathédrale n’avait pas connu de réaménagement qui soit à la hauteur des signes qui l’occupent. Il faut revenir au Concile Vatican II et à la réforme liturgique, Sacro Sanctum Concilium, l’année 1965 ; c’est à partir de celle-ci que l’on a célébré "tourné vers le peuple", l’autel se retrouvant symboliquement entre le célébrant et l’assemblée et, que la Parole de Dieu est venue, non plus de la chaire mais du sanctuaire, plus précisément d’un nouveau mobilier, l’ambon, ou lieu de la Parole, l’inscrivant en quelque sorte dans l’espace du sanctuaire.

A la cathédrale, après le Concile, on a installé un autel, face au peuple, que chacun connaît, réalisé à partir de représentations sculptées des quatre vivants de l’Apocalypse ; la cathèdre est restée ce qu’elle était avant, avec son baldaquin, et de lieu de la Parole, il n’en était pas question, la Parole étant lue d’un simple pupitre qui, malgré beaucoup d’attention, était difficilement repérable comme signe de la présence de Dieu parlant à son peuple.

Et voilà que ce qui était attendu depuis 45 ans se réalise par la volonté ferme d’un évêque qui nous invite par là à entrer plus avant dans ce que représente l’église de pierre, comme espace de célébration ; cet aménagement a reçu l’aval des Bâtiments de France. Le mobilier qui a été installé dans le sanctuaire de la cathédrale, béni (l’ambon) et consacré (l’autel) le 24 octobre dernier, jour de clôture du Synode diocésain, a été réalisé par l’artiste Goudji ; il permet de découvrir trois pièces majeures, l’autel, l’ambon et la cathèdre, à un emplacement stable et définitif, et des mobiliers annexes, de la même veine, servant à l’accueil des célébrants et à l’accomplissement de la liturgie.

Puissions-nous comprendre que la portée de ce choix, - qui est pour l’Église diocésaine une charge supplémentaire - n’est pas d’ordre esthétique d’abord mais symbolique, qu’on n’est pas là en train de se faire plaisir mais qu’on cherche à aménager l’église de pierre en sorte qu’elle renvoie à ce qu’elle a mission de signifier, une Église, peuple de Dieu, éclairée, guidée, nourrie par Dieu lui-même, tout au long de son pèlerinage terrestre. On souhaite que ce choix soit reçu favorablement et que le signe donné à voir participe à la compréhension et à l’accueil de ce que fait l’Église quand elle célèbre. Puisse également cette réalisation inspirer ceux qui projettent, ici ou là, de restaurer leur église.

Père Henri BOUSQUET