Edito Monseigneur Bruno GRUA

Suis-moi !

 

Les appels de Jésus se caractérisent toujours par leur radicalité. Ils ne souffrent ni conditions ni atermoiements. Trois rencontres évoquées par Luc lors de la dernière montée à Jérusalem en témoignent : « Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai ou que tu ailles.» Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; Le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi ». Celui-ci lui dit : « Permets –moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais il lui dit « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le royaume de Dieu. » Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. ». Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au royaume de Dieu ». (Lc 9,57-62).  

Jésus, dont on peut, si souvent, admirer la miséricorde et la compréhension, ne souffre aucun atermoiement lorsqu’il s’agit de l’appel à le suivre. Sa parole a l’autorité de la parole de Dieu et elle n’admet qu’un type de réponse : se lever, tout quitter, se mettre en marche à sa suite. C’est ainsi que Luc conclut le récit de la pêche miraculeuse qui marque l’appel des quatre premiers disciples : « Laissant tout, ils le suivirent » (5,11)…On s’est étonné parfois de ce caractère absolu des attitudes suscitées par l’Évangile. Comment des hommes et des femmes jeunes peuvent-ils au nom du Christ engager leur vie dans une fidélité au sacrement qui les unit, au geste qui les engage dans le ministère ordonné ou dans la vie religieuse ? Poser ainsi la question c’est ne pas comprendre qu’au cœur même de nos fragilités la parole du Christ ne peut susciter qu’une réponse, celle de Marie, celle des disciples : le « oui » qui reconnait cette parole pour ce qu’elle est. Nous ne sommes pas toujours fidèles à ce oui, mais nous ne pouvons pas répondre « peut-être » ou « si tout va bien ! ». Quelles que soient nos faiblesses ou nos infidélités, le oui sincère et généreux, dit en réponse à l’appel du Christ, reste dans nos vies un moment d’éternité que le Père saura consacrer.

(Michel Rondet s.j.  Ecouter les mots de Dieu p. 111)

 

Ces mots chaque baptisé les entend pour lui-même et ils lui ouvrent un chemin de conversion. Mais à quelques jours du renouvellement de leurs promesses sacerdotales, au cours de la messe chrismale, je veux particulièrement les adresser aux prêtres et je les entends avec eux, comme un appel à renouveler ma réponse et mon don au Seigneur. Etre prêtre, c’est notre manière d’être chrétien.  C’est dans l’exercice quotidien et concret de notre ministère que nous entendons l’appel radical du Seigneur à le suivre.

 

Voulez-vous vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus et chercher à lui ressembler en renonçant à vous-mêmes et en restant fidèles aux engagements attachés à votre mission dans l’Église ?

Voulez-vous à la suite du Christ, notre chef et notre pasteur, accomplir ce ministère avec désintéressement et charité ?

Et vous, mes frères, priez pour vos prêtres : que le Seigneur répande sur eux ses dons en abondance, afin qu’ils soient les fidèles ministres du Christ, souverain Prêtre, et vous conduisent à lui, l’unique source du salut ?  (Rituel de la Messe Chrismale)

+ Bruno Grua