Les évêques du XXe au XXie siècle

Paul-Augustin Lecoeur (1906-1942)

Paul Lecoeur naquit à Rouen le 13 mars 1848. Il participa à la guerre de 1870, en qualité d’infirmier brancardier volontaire. Ordonné prêtre, il fut professeur, puis supérieur de l’Institution Saint-Lambert à Rouen. Nommé évêque de Saint-Flour le 13 juillet 1906, il connaît les événements de la Séparation et fut, notamment, chassé de son palais épiscopal. Le 15 décembre 1906, les séminaristes sont également chassés du Grand Séminaire de Saint-Flour et doivent trouver refuge dans la maison des Missionnaires, montée des Roches. Le 22 mai 1913, le Grand Séminaire est mis en vente et racheté par le chanoine Fleuret qui le remet à Mgr Lecoeur, permettant aux séminaristes de réintégrer leur vénérable maison. L’année suivante éclate la Grande guerre à laquelle prirent part de nombreux prêtres et séminaristes du diocèse de Saint-Flour. Beaucoup y trouvèrent la mort. Mgr Lecoeur devait également connaître les débuts de la guerre de 1939-45. C’est sous son épiscopat qu’a été construite l’église du Sacré-Cœur d’Aurillac, érigée en église paroissiale en 1934. Mgr Lecoeur fut chevalier puis officier de la Légion d’Honneur. Il mourut le 18 mars 1942 à Saint-Flour où il avait été évêque durant 36 ans. Il avait 94 ans.

Henri-Marie-Joseph Pinson (1943-1951)

Henri Pinson naquit à Bourges le 24 novembre 1885. Il fit ses études supérieures à l’Institut Catholique de Paris où il prépara une licence en histoire. Il se lia d’amitié avec le futur cardinal Liénard. Ordonné prêtre en 1911, il participa à la Grande guerre en qualité d’infirmier. Il fut professeur, puis directeur spirituel au séminaire des vocations tardives de Fontgombault. Il enseigna les Lettres et la musique et certains de ces élèves étaient originaires du diocèse de Saint-Flour, notamment les chanoines Bressange et Joubert. En 1936, le chanoine Pinson fut nommé curé de Vierzon et devint aumônier national de l’ACI. En pleine guerre, il fut nommé évêque de Saint-Flour, le 12 janvier 1943. Sacré en la cathédrale de Bourges par le cardinal Liénard, il prit comme secrétaire particulier son cousin, le chanoine André Deroche. Il était membre de la Croix-d’Or et dans son diocèse il s’efforça de promouvoir l’Action Catholique. À Saint-Flour, et sous l’impulsion de Mgr Pinson, eut lieu du 31 août au 2 septembre 1945, le premier congrès de Pastorale Liturgique dont le thème était la messe dominicale. Les congressistes étaient nombreux et de qualité, notamment le cardinal Gerlier, plusieurs évêques et de nombreux prêtres et religieux. Mgr Pinson mourut subitement le 17 avril 1951. Il fut inhumé dans sa cathédrale.

Gabriel-Auguste-François Marty (1952-1959)

François Marty naquit à Pachins (Aveyron) le 18 mai 1906, fils de François et Zoé Gineste, cultivateurs. Il fit ses études secondaires à Graves, puis ses études supérieures à Toulouse où il soutint une thèse de Doctorat. Il fut successivement vicaire à Villefranche de Rouergue et Rodez, curé de Bournazel, Rieupeyrou et archiprêtre de Millau, puis vicaire général de Rodez. En février 1952, il est nommé évêque de Saint-Flour et sacré en la cathédrale de Rodez le 1er mai 1952. Le cardinal Saliège, archevêque de Toulouse et originaire des environs de Mauriac, était présent à la cérémonie. Le nouvel évêque prit son cousin, l’abbé Noël, ancien aumônier militaire, comme secrétaire particulier. En vue de promouvoir la pastorale des Cantaliens de Paris, en liaison avec le chanoine Carbonnel, il met en place la Paroisse Cantalienne de l’Ile de France. En 1959 il est nommé coadjuteur de Mgr Marmottin, à Reims et l’année suivante il devient archevêque de Reims. Il participe au Concile Vatican II puis fut nommé président épiscopal de la Mission de France. En mais 1968, il est nommé archevêque de Paris, alors que la capitale est en pleine crise estudiantine. En mars 1969, il est nommé cardinal, puis président de la conférence épiscopale française. En 1975, il préside l’implantation d’une communauté monastique à Saint-Gervais. Il quitte Paris le 28 février 1981, remplacé par Mgr Lustiger, et se retire chez les dominicaines de Monteils (Aveyron). Il meurt accidentellement le 16 févier 1994 et ses obsèques furent célébrées en la cathédrale de Rodez. Il est inhumé au cimetière de Pachins.

Maurice Pourchet (1960-1982)

Maurice Pourchet naquit à Morteau, diocèse de Besançon, le 2 novembre 1906. Il fit ses études à Maiche et Faverney, et ses études théologiques au séminaire Saint-Sulpice à Paris. Il fut ordonné prêtre le 29 juin 1931 et nommé vicaire à la cathédrale de Besançon, puis étudiant au séminaire français de Rome et chapelain de Saint-Louis-des-Français. Nommé aumônier du lycée de Belfort puis sous-directeur des œuvres de cette ville, puis directeur des Œuvres du diocèse de Besançon en 1947, vicaire général en 1951 et prélat de sa sainteté en 1952. Maurice Pourchet fut nommé évêque de Saint-Flour le 28 mars 1960, et sacré dans la cathédrale de Besançon le 21 mai 1960, en présence du cardinal Feltin, archevêque de Paris et du cardinal Lefebvre, archevêque de Bourges. Il participa aux diverses sessions du Concile Vatican II, au cours duquel fut béatifié le jésuite Jacques Berthieu, premier martyr de Madagascar, le 8 juin 1896 et originaire de Polminhac. Sous l’épiscopat de Mgr Pourchet furent édifiés à Aurillac l’église Saint-Joseph Ouvrier, érigée en paroisse le 25 juin 1961, la chapelle de la rue des Alouettes et enfin, le bâtiment de la section Saint-Paul. Mgr Pourchet était chevalier de la légion d’honneur. Il se retira à Besançon en 1982. Il est décédé le 2 janvier 2004 et a été inhumé à la cathédrale de Saint-Flour.

Jean Cuminal (1982-1990)

Jean Cuminal naquit à Amiens le 2 avril 1923. Il fit ses études universitaires à Paris où il est ordonné prêtre le 29 juin 1946. Il fut successivement vicaire à Ham (Somme), directeur du Grand Séminaire d’Amiens, puis secrétaire national de l’Enseignement libre de 1964 à 1972. De 1972 à 1974, il est vicaire épiscopal à Moulins, puis curé d’Albert (diocèse d’Amiens). Le 8 mars 1975, il est sacré évêque en la cathédrale d’Amiens et devient évêque auxiliaire de Mgr Lallier, archevêque de Besançon. Vicaire capitulaire de ce diocèse de 1980 à 1982, il est nommé évêque de Saint-Flour le 10 mai 1982 et intronisé le 4 juillet de la même année. Il fait rénover la maison de retraite Saint-Raphaël où il établit son « évêché d’Aurillac ». Il introduit les frères de Saint-Jean à Murat et à Aurillac et est également à l’origine du conseil pastoral diocésain des laïcs. Il était chevalier de la Légion d’honneur et du Mérite Agricole. Le 25 juillet 1990, il devient évêque de Blois. Il mourut après une longue maladie, le 18 avril 1996, et fut inhumé en la cathédrale Saint-Louis de Blois.

René Séjourné (1990- 2006)

René Séjourné naquit à Aviré (Maine et Loire) le 29 mai 1930. Il fit ses études secondaires à Angers et fut ordonné prêtre le 7 octobre 1955 à Angers. Il fit ses études en droit canonique à l’université grégorienne de Rome de 1955 à 1957 et soutint une thèse de doctorat sur la liberté religieuse des jeunes et la responsabilité des parents. Aumônier au lycée Joachim du Bellay d’Angers de 1957 à 1967, puis nommé à la secrétairerie d’État du Vatican de 1967 à 1987, il fut sacré évêque le 5 septembre 1987 en la Basilique Saint-Pierre de Rome et nommé recteur de Saint-Louis-des-Français de 1987 à 1990. Mgr Séjourné a été nommé évêque de Saint-Flour le 13 septembre 1990. Sous son épiscopat on a construit la chapelle de Super-Lioran. À sa demande a eu lieu à Rome la béatification de Catherine Jarrige, dite Catinon Menette, qui s’est illustrée à Mauriac pendant la Révolution. Mgr René Séjourné est chevalier de l’Ordre National du mérite et chevalier de la légion d’honneur. Depuis 2006, il s’est retiré pour raison d’âge.