L'époque moderne

Louis de Joyeuse (1500-1543)

Louis de Joyeuse était originaire de Viviers et le second fils de Guillaume, vicomte de Joyeuse et d’Anne Balzac. Il fut nommé évêque de Saint-Flour à l’âge de 18 ans par l’intercession de son oncle, mais ne devait être sacré qu’à 26 ans seulement. Lorsqu’il entra dans son diocèse, la peste sévissait. Il participe en 1511, au concile de Pise, par la suite transféré à Milan au cours duquel le pape Jules II est jugé à la demande du roi de France. En 1526, il se rend à Paris pour fêter la délivrance du roi François Ier. Louis de joyeuse mourut en 1543.

Barthazar de Jarente (1543-1547)

Balthazar de Jarente appartenait à une famille noble d’Aix en Provence. Docteur en droit, il fut chanoine d’Aix, puis prieur du monastère de Cadenet dans le diocèse d’Avignon. Il fut également ambassadeur à Rome et à Constantinople, puis nommé évêque de Vence, près de Grasse. En 1543, il fut transféré au diocèse de Saint-Flour où il fit son entrée solennelle en 1544. Il fut le premier évêque nommé par le roi, selon les stipulations du concordat de 1516. L’année suivante s’ouvrait le concile de Trente, mais Balthazar de Jarente ne participa pas aux premières cessions. Il eut deux procès avec le chapitre cathédral pour des questions administratives. Il eut également des difficultés avec le clergé diocésain au sujet de taxes que celui-ci voulait lui imposer, et des démêlés avec l’abbé de la Chaise-Dieu pour des questions matérielles. Pour toutes ces raisons et à cause d’un climat trop rude auquel il ne s’habituait pas, il demanda en 1547 à permuter avec Mgr de Lévis-Châteaumorand, évêque d’Embrun. Il mourut le 27 juin 1555.

Antoine de Lévis-Châteaumorand (1547-1566)

Antoine de Lévis-Châteaumorand appartenait à une illustre famille de Saint-Martin d’Estréaux dans le Forez. Fils de Jacques et de Louise de Tournon, il fut d’abord chanoine-comte du diocèse de Lyon. En 1516, il fut nommé évêque de Saint-Paul les Trois Châteaux en Dauphiné, puis en 1527, archevêque d’Embrun, et enfin, en 1547, il permuta avec Mgr de Jarente de façon à être évêque de Saint-Flour, se rapprochant ainsi de sa famille. Le protestantisme essaya de s’implanter dans son diocèse, notamment à Aurillac et à Maurs, mais ne fit pas beaucoup d’adeptes à Saint-Flour. En 1561, l’abbaye d’Aurillac en pleine décadence, demanda à Pie IV sa sécularisation. Le pape accepta et les moines devinrent des chanoines du chapitre collégial. Mgr de Lévis créa l’enfermerie de Montaigu, destinée à recevoir les lépreux et les pesteux. Il présida un synode diocésain qui publia des statuts. Les grandes épidémies de 1555 et 1556 le poussèrent à se réfugier dans son château de Roffiac où il s’éteignit en 1566, peut-être victime de la peste.

Jean-Paul de Selve (1567-1569)

La famille de Jean-Paul Selves était d’origine italienne mais s’était établie dans le Limousin au XIVe siècle. Son père Jean de Selve était dans la magistrature. De son mariage avec Cécile de Buscy, il eut dix enfants dont cinq survécurent. Jean-Paul, le cinquième est né à Auvers, diocèse de Sens, entre 1508 et 1512. Il reçut la tonsure cléricale très jeune et devint précepteur et aumônier du duc d’Anjou. En 1555, il devint prieur du monastère de Cluny, qui était en pleine décadence. Vers la fin de 1556, il fut nommé par le roi Henri II, ambassadeur à Rome auprès du pape Paul IV, une fonction qu’il exerça pendant deux ans. De retour en France, il fut précepteur du duc d’Orléans puis nommé évêque de Saint-Flour, mais ne fut sacré que le 7 juillet 1567. Le nouvel évêque nomma comme vicaires généraux Jean et Pierre Brisson, de la famille de l’illustre libérateur de la ville de Saint-Flour, Antoine de la Volpillière et N. Bonafos, car il semblerait que Jean-Paul de Selve ne soit jamais venu à Saint-Flour. Les deux années que dura son épiscopat furent marquées par les guerres de religion. Les "Huguenots" s’étaient emparés de Carlat, Vic, Pesteils et s’introduisirent même dans Aurillac. L’hiver 1569 fut particulièrement rigoureux et amena la disette. Jean-Paul de Selve mourut en 1569 à Limoges.

Pierre de la Baume (1573-1595)

Pierre de la Baume était le fils de Claude, baron de Mont-Saint-Servin et comte de Montrevel. Pierre était très doué sur le plan intellectuel et, très jeune, il manifesta une grande piété. Sa naissance illégitime constituait une irrégularité pour les fonctions ecclésiastiques, mais il obtint une dispense. Il fut le précepteur du duc d’Anjou, le futur Henri II, qu’il suivit lorsque celui-ci devint roi de Pologne avant de devenir roi de France. Pierre de la Baume fut ensuite abbé d’un monastère du diocèse de Périgueux. Après la mort de Mgr de Selve, le diocèse de Saint-Flour resta vacant jusqu’en 1573, date à laquelle Pierre de la Baume y fut nommé évêque. Il ne fit son entrée solennelle qu’en 1576. Son pontificat fut interrompu par la nomination d’Antoine d’Urfé abbé de la Chaise-Dieu qui vint le remplacer, mais fut aussitôt tué. Antoine de la Baume resta donc évêque de Saint-Flour jusqu’en 1595. La Haute-Auvergne subissait les conséquences des guerres de religion et connaissait la disette et les épidémies. Pour les conjurer l’évêque organisa des processions dans tout le diocèse. Il participa au concile de Bourges, en 1584, où l’on décida l’adoption de la liturgie romaine.

Raymond Rouchon (1599-1602)

Raymond Rouchon naquit dans la région de Martel, diocèse de Cahors d’une famille paysanne. Après ses études secondaires, il entra à l’université de Cahors, fondée par Jean XXII. Il fut d’abord bachelier puis maître en théologie et docteur en droit. Il fut aumônier du roi puis prieur du monastère de la Réole dans la région de Bordeaux, mais presque simultanément fut élu évêque de Saint-Flour. Raymond Rouchon fut l’un des rares évêque sous l’ancien régime à ne pas être noble. Il choisit comme vicaire généraux Pierre Brisson et Charles Descorole et séjourna peu à l’évêché, lui préférant la propriété des Noailles au château de Prunières. Les Noailles pouvaient ainsi le manipuler à leur guise. Il mourut en 1602.

Charles de Noailles (1609-1646)

Charles de Noailles naquit le 27 juillet 1589 au château de Prunières, près de Cros de Montvert. Sa famille était d’origine corrézienne. En 1606, il fut nommé abbé d’Aurillac et fit reconstruire l’église abbatiale en bien mauvais état. En 1609, il fut nommé évêque de Saint-Flour. En 1628, il fonda le monastère de la Visitation à Saint-Flour après avoir fait appel à six religieuses du monastère de Montferrand. Par la suite les religieuses de ce monastère essaimèrent à Albi, Aurillac et Brioude. En octobre 1627, la peste fut déclarée dans la ville de Saint-Flour où elle fit à nouveau d’énormes ravages pendant quatre ans, entraînant la mort des deux tiers de la population. Mgr de Noailles se dépensa sans compter au service des malades. Il fut également un bâtisseur. Il fit exhausser la grande tour de la cathédrale, fondre et installer la légendaire cloche Marie-Thérèse et surtout construire le palais épiscopal, rebâti en entier sur les ruines du vieux château de Brezons. Il fut député des Etats Généraux en 1614, puis nommé évêque de Rodez en 1646 et mourut en 1648.

Jacques de Montrouge (1647-1664)

Jacques de Montrouge est né à Paris d’une famille de la riche bourgeoisie commerçante. Il obtint le grade de docteur en théologie et s’était introduit à la cour en qualité d’aumônier ordinaire et prédicateur favori de la reine régente Anne d’Autriche. Il fut ensuite nommé évêque de Saint-Flour, en 1647. Jacques de Montrouge fut un chef religieux particulièrement diplomate, actif et efficace. Prieur de Molompize, il fit reconstruire la maison prieurale et placer ses armoiries, il encouragea la fondation du couvent de dominicaines de Murat et des bénédictines de Vic. Vers 1650, il nomma une commission pour recueillir tous les témoignages concernant Agnès de Langeac. Mais il fut surtout, en 1650, le fondateur du Séminaire de l’Hermitage de Notre-Dame, aidé de M. Olier, abbé de Pébrac, qui lui dépêcha deux de ses Sulpiciens M. Eymère et M. Planat pour diriger l’établissement. Ils furent remplacés en 1653 par des prêtres diocésains, les abbés Delort et Crozat, qui œuvrèrent pendant vingt-et-un ans. Le premier séminaire étant de taille modeste, les séminaristes logeaient chez les ecclésiastiques de la ville. En 1661, Mgr de Montrouge reçut l’évêché du Puy en complément. En 1664, il fut nommé évêque de Rodez mais mourut avant d’en prendre possession. Il légua à son séminaire cinq-cents ouvrages.

Hiérosme de la Motte-Houdancourt (1664-1693)

Hiérosme ou Jérôme de la Motte-Houdancourt est né près d’Amiens en 1618. Il était le frère du maréchal de même nom. Il fut nommé évêque de Saint-Flour le 16 mai 1664 et choisit M. Pastour comme vicaire général. Il laissa la direction de son séminaire à MM Delort et Crozat et imposa aux séminaristes un règlement strict. Le temps du séminaire était de six mois et on y entrait à l’âge de 23 ans muni d’un certificat de bonne conduite. Les cours de philosophie étaient donnés au collège par les Jésuites. À partir de 1674, la direction du séminaire fut confiée aux Lazaristes. Mgr de la Motte-Houdancourt s’intéressa particulièrement à mère Agnès de Langeac et fit faire des études sur les miracles qui lui étaient attribués. En 1667, il ordonna de grandes fêtes en l’honneur de la canonisation de saint François de Sales. Il eut la même année des démêlés avec le chapitre cathédral de Brioude qui aurait voulu dépendre directement du Saint Siège, mais entretint de bonne relations avec l’abbé d’Aurillac. Il mourut en 1693.

Joachim Joseph d’Estaing (1693-1742)

Joachim d’Estaing eut un très long épiscopat. Il naquit en 1654 au château du Sailhant, près de Saint-Flour, mais sa famille était d’origine aveyronnaise. Il fut nommé chanoine-comte de Lyon et prieur de Saint-Irénée. Il devint évêque de Saint-Flour le 8 septembre 1693 et fut sacré le 3 janvier 1694. En 1709, la ville de Saint-Flour fut frappée par la peste et l’évêque ordonna des prières publiques. En 1715, il demanda une reconnaissance officielle des reliques de saint Fleuret à Estaing.

Paul de Ribeyre(1742-1776)

Paul de Ribeyre naquit à Clermont le 2 décembre 1691. Son frère était trésorier général de France en la généralité de Riom. Il appartenait à une famille bourgeoise qui avait acquis un titre de noblesse. Il s’orienta vers le sacerdoce et devint docteur en Sorbonne. Très jeune encore il fut chanoine du chapitre cathédral de Clermont, et fut vicaire général de Mgr Massillon, un poste qu’il occupa une quinzaine d’années. À la mort de Mgr d’Estaing, il fut nommé évêque de Saint-Flour et sacré le 12 août 1742. Il réunit un synode à son arrivée dans le diocèse et fit adopter en 1743 les ordonnances ou statuts synodaux du diocèse. Il œuvra énormément pour Saint-Flour : il fit construire un hôpital-hospice, rénova le couvent de Notre-Dame, la percée et l’aménagement de la rue du Collège, et enfin se lança dans la construction du Grand Séminaire. Il finança avec quelques Lazaristes l’achat des terrains nécessaires. Le chantier débuta en 1752 et s’acheva en 1762. Il mourut le 8 juin 1776, laissant le souvenir d’un évêque mécène et bâtisseur.

Hippolyte de Bonteville (1776-1779)

Hippolyte de Bonteville naquit dans le diocèse de Rennes le 5 août 1741. Il fut nommé évêque de Saint-Flour en 1776 et son intronisation n’eut lieu que l’année suivante. Il ne resta que deux ans et fut transféré en 1779 au diocèse de Grenoble. Il ne résida pas à Saint-Flour mais à Paris. Sous son épiscopat fut transféré le cimetière de la ville hors les murs, près de l’hôpital, dans un enclos que Mgr de Ribeyre avait acquis dans ce but et afin de respecter l’édit de Louis XV.

Claude-Marie Ruffo de Laric (1779-1801)

Claude-Marie Ruffo est le dernier seigneur évêque de Saint-Flour. Il naquit à Grenoble le 16 novembre 1746, il fut conseiller clerc au parlement de Grenoble et vicaire général de ce diocèse. Il fut nommé le 29 août 1779 et sacré en 1780. Il effectua des visites pastorales en 1782 et 83. Élu député du clergé du Haute-Auvergne aux États-Généraux (mars 1789) il réprouva solennellement la Constitution Civile du Clergé, refusa le serment et incita les prêtres de son diocèse à l’imiter, et à refuser de reconnaître l’évêque constitutionnel Thibault. Il s’exila en donnant les pleins pouvoirs à son vicaire général, M. de Rochebrune, resté sur place, et se considéra comme l’évêque légitime jusqu’en 1801. Il accepta alors de démissionner, en vertu du concordat de Napoléon Bonaparte. Nommé chanoine titulaire de Saint-Denis en 1806, élevé à la dignité de baron d’Empire en 1808, il mourut à Paris en 1818. Après que Mgr Ruffo se soit exilé, le diocèse fut administré par son vicaire général, l’abbé de Rochebrune. Puis il y eut, successivement, deux évêques constitutionnels.

 

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