Depuis la Révolution

Anne-Alexandre Thibault (1791)

Curé de Souppes en Seine et Marne, député à la Constituante, il fut élu évêque constitutionnel du Cantal en 1791, député à la Convention en 1792 (il refusa de voter la mort du roi) et abandonna ses fonctions sous le Directoire.

Louis Bertin (1800)

Curé de Bassignac, élu curé constitutionnel de Mauriac, il devint en 1800 évêque du Cantal et démissionna l’année suivante.

Jean-Éléonore Montanier de Belmont (1802-1808) 

Jean-Éléonore Montanier de Belmont est né à Seyssel dans l’Ain le 8 mars 1756 de Claude et Benoite Constantin. Entré dans les ordres, il devint chanoine d’Alais, puis vicaire général de Nîmes. En 1802, il fut nommé évêque de Saint-Flour mais avec la charge supplémentaire de l’évêché du Puy, annexé à celui de Saint-Flour. Il s’efforça de rétablir partout le culte, après les années sombres de la Révolution. Il ne devait pas rester longtemps à la tête de son important diocèse, car atteint par la maladie, il partit se faire soigner à Paris où il mourut le 1er mai 1808.

De 1808 à 1820, il y eut une longue vacance du siège épiscopal de Saint-Flour. En effet, certains évêques meurent avant d’être intronisés, tel Mgr Amable de Voisins, ou doivent renoncer en raison de conflits entre Napoléon Ier et le Saint-Siège.

Louis-Siffren-Joseph de Salamon (1820-1829)

Louis-Siffren-Joseph de Salamon naquit le 22 octobre 1750 à Carpentras dans le Comtat-Venaissin qui, à cette époque, était possession du Saint-Siège. Son père, docteur en droit, fut à plusieurs reprises premier consul de Carpentras. Son grand-père maternel était imprimeur. Louis-Siffren-Joseph commença ses études au collège des Jésuites de Carpentras et les poursuivit chez les Oratoriens de Lyon. Il perdit son père en 1775 et fut ordonné prêtre l’année suivante. Il fit ses études de droit, obtint le titre de docteur et devint auditeur de la Rote d’Avignon puis chanoine du chapitre de la collégiale Saint-Pierre. En 1785, il entra au Parlement de Paris en qualité de conseiller-clerc. Au début de la Révolution, il fut nommé internonce et réussit à échapper à la prison et à l’échafaud. Durant cette période troublée, il renseigna le pape Pie VI sur tous les événements qui se déroulèrent en France et en particulier sur la Constitution Civile du Clergé. Sous le premier Empire, il se fit affilier à la Franc-Maçonnerie, ce qui, à l’époque n’avait rien de scandaleux pour un ecclésiastique. Il fut nommé aux évêchés de Belley et de Bayonne, puis transféré à celui de Saint-Flour en 1820. Dès son entrée en fonction, Mgr de Salamon nomma trois vicaires généraux pour faire face à cet important diocèse, et parmi eux, l’un de ses propres frères. Il rétablit les sœurs dominicaines de Langeac en 1822 mais l’année suivante, le diocèse du Puy allait être définitivement détaché de celui de Saint-Flour. En 1826, il bénit les nouveaux bâtiments du monastère de la Visitation à Saint-Flour, créa deux nouvelles fondations de religieuses cloitrées, les sœurs de Notre-Dame à Saint-Flour et à Salers, et fit relever les deux tours de la cathédrale démolies à la Révolution. Il mourut en 1829.

Marie-Édouard de Gualy (1829-1833)

Marie-Édouard de Gualy naquit en 1774 au château de Creyssel, près de Millau, de Marie-Antoine et Marie-Anne de Rech, le septième de treize enfants. Il fut sacré évêque de Carcassonne par son oncle qui en occupait le siège épiscopal. Son séjour à la tête du diocèse de Saint-Flour fut de courte durée puisqu’il fut promu archevêque d’Albi en 1833. Il fut reçu dans sa nouvelle cathédrale par un ancien curé, devenu vicaire général, et qui fut son successeur à la tête du diocèse de Saint-Flour. Mgr de Gualy mourut le 18 juin 1845.

Jean-Pierre-Marie Cadalen (1833-1836)

Il naquit à Alban dans le Tarn en 1788. Il fut curé à Albi puis vicaire général de ce diocèse. Il fut nommé évêque de Saint-Flour en 1833 mais ne prit possession de son siège épiscopal que l’année suivante. C’est à lui que l’on doit la création de la caisse des retraites ecclésiastiques. Son épiscopat fut de courte durée puisqu’il mourut le 16 avril 1836.

Frédéric-Gabriel-Marie-François de Marguerye (1837-1851)

Frédéric de Marguerye naquit à Sainte-Marguerite des Loges, diocèse de Bayeux, le 8 mars 1802, d’une des plus anciennes familles normandes. Son père, après avoir exercé le métier militaire, entra dans la magistrature. Frédéric fit ses études à Argentan, Lisieux et Paris. Il reçut la prêtrise le 31 juillet 1825, fut préfet de religion au collège Stanislas à Paris, puis aumônier des dames Augustines à Bayeux. Mgr de Rohan, archevêque d’Auch, le fit chanoine et le prit comme secrétaire particulier. Il le suivit à Besançon puis devint vicaire général à Soissons. Il fut promu évêque de Saint-Flour en 1837 et sacré le 26 novembre de la même année dans la cathédrale de Bayeux. Ce jeune évêque passionné d’archéologie va parcourir le Cantal pendant quatorze ans, visitant toutes les églises, délivrant conseils architecturaux et consignes d’aménagements. Avec lui, ce sont non seulement les églises mais aussi les villages qui ont changé de physionomie. Il crée l’institution des Frères et la maison de Saint-Viateur aux Ternes, fait rédiger un nouveau catéchisme, crée l’œuvre pour l’extinction de la mendicité ainsi qu’une société mutuelle de bienfaisance des ouvriers, et refonde d’innombrables confréries dans les paroisses. Transféré au diocèse d’Autun en 1851 il y poursuivra son œuvre et emmènera avec lui son vicaire général, Mgr Bouange, le biographe de saint Géraud et futur évêque de Langres. En 1872, il se retire à Paris où il s’éteint le 20 janvier 1876.

Jean-Paul-Marie Lyonnet (1851-1857)

Jean-Paul-Marie Lyonnet naquit à Saint-Étienne (Loire) le 22 juin 1801. Il fit ses études de théologie au grand séminaire de Saint-Irénée à Lyon. Il publia les Traités de la justice et des contrats, où le théologien met en harmonie les principes du droit civil avec ceux de la science, puis une Histoire du Cardinal Fesh, oncle de Napoléon Ier, dont il fut le secrétaire. Il fut nommé évêque de Saint-Flour en 1851 et prit possession de son siège l’année suivante. Durant son épiscopat eut lieu le couronnement de Notre-Dame des Miracles de Mauriac. Il introduisit également un nouveau propre du diocèse. Il s’occupa particulièrement du grand et petit séminaire qu’il qualifiait "d’école Polytechnique" pour le premier et de "Saint-Cyr pour le service des autels du diocèse" pour le second. La cathédrale fut agrandie de deux nouvelles nefs et l’achèvement de l’église Saint-Géraud à Aurillac fut commencé. Transféré à l’évêché de Valence en 1857, puis nommé en 1864 à l’archevêché d’Albi, il mourut le 24 décembre 1875.

Pierre-Antoine-Marie Lamouroux de Pompignac (1857-1877)

Pierre-Antoine-Marie Lamouroux de Pompignac naquit à Saint-Flour le 2 juillet 1802. Il appartenait à une famille de magistrats. Il fit d’abord ses études au collège de sa ville natale de 1814 à 1822 et sa théologie au séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Il entra chez les sulpiciens et enseigna au grand séminaire de Rodez, puis fut supérieur de la communauté des philosophes à Vabres. En 1839, pour des raisons de santé, il quitte la compagnie de Saint-Sulpice et rentre dans son diocèse d’origine, comme chanoine honoraire, puis titulaire, puis vicaire général en 1842. En 1857, au départ de Mgr Lyonnet il est nommé évêque de Saint-Flour et sacré le 28 octobre de la même année. Il va conduire les destinées de ce diocèse pendant vingt ans avec sagesse, aimé de ses prêtres et de ses diocésains. Il a publié plus de 120 lettres pastorales, mandements, etc. En raison de son mauvais état de santé il ne participa pas au concile œcuménique Vatican I mais prit part au concile provincial du Puy en 1873. Il fut chevalier de la Légion d’Honneur. Il mourut lors d’une tournée pastorale vers Mauriac le 23 mai 1877.

François-Marie- Benjamin Baduel (1877-1891)

Benjamin Baduel est originaire d’une famille aristocratique aveyronnaise, à Oustrac près de Laguiole, où il naquit le 6 décembre 1818. Il fit ses études théologiques au séminaire Saint-Sulpice à Paris et fut secrétaire particulier de Mgr Foulquier, évêque de Mende. Pendant une dizaine d’années, il sera aumônier militaire à Paris, pendant la guerre de 1870 notamment. Revenu à Oustrac au moment de la Commune, il fut nommé curé de Notre-Dame de Villafranche de Rouergue. En 1877, il est nommé évêque de Saint-Flour. Mgr Baduel fut un chef spirituel du diocèse compétent et d’une charité proverbiale. Il mourut à Saint-Flour en 1891.

Jean-François-Marie Lamouroux (1892-1906)

Jean-François-Marie Lamouroux naquit à Saint-Etienne (Loire), mais vécut à Murat où son père avait été nommé à la Sous-préfecture. Il entra au Grand Séminaire de Saint-Flour en 1853 et fut le condisciple de Mgr Pagis, futur évêque de Verdun. Encore séminariste, il est nommé professeur au Petit Séminaire de Saint-Flour. Une fois prêtre, en 1857, il devint le secrétaire particulier de Mgr de Pompignac, puis secrétaire général de l’évêché, vicaire général, et enfin fut nommé évêque de Saint-Flour en 1892. Durant son épiscopat il fut affecté par les lois contre les congrégations religieuses et connut, en particulier, le départ des Lazaristes du Grand Séminaire. Il fut le fondateur de l’école libre Gerbert, avenue de la République à Aurillac. Il dut renoncer à ses fonctions en 1906 pour raison de santé.