Au Moyen Age

Raymond de Mostuéjouls (1317-1319)

Raymond de Mostuéjouls appartenait à une grande famille du Rouergue. Il naquit vers 1275 au château de Mostuéjouls, en bordure du Tarn. Son père mourut jeune et il fut élevé par sa mère. Après un séjour dans le monastère bénédictin de Saint-Guilhem le désert, diocèse de Lodève, il fait ses études à l’université de Toulouse, puis remplit dans son monastère les fonctions de camérier. Élu abbé de Saint-Thibéry, il ne tarda pas à devenir le chapelain du nouveau pape Jean XXII, originaire de Cahors. En juillet 1317, il fut nommé premier évêque de Saint-Flour, ce diocèse venant d’être créé par le détachement du diocèse de Clermont, jugé trop vaste par le pape Jean XXII. Raymond de Mostuéjouls nomma deux vicaires généraux mais séjourna très peu dans son nouveau diocèse, retenu à Avignon. En 1319, il reçut du Saint-Siège le pouvoir d’unir à l’archiprêtré de Saint-Flour ceux d’Aurillac, de Blesle, de Langeac et de Brioude. Le 22 avril 1319, il fut nommé évêque de Saint-Papoul où il fit son entrée en mai 1320, mais ne résida probablement pas dans son diocèse. Le 18 décembre 1327, il reçut du pape la pourpre cardinalice (cardinal-prêtre). Il se démit du diocèse de Saint-Papoul, vint résider à Avignon et reprit ses anciennes fonctions de chapelain du pape. Il mourut dans la cité papale le 6 janvier 1336 et fut inhumé au monastère de Saint-Guilhem le Désert, conformément à ses dispositions testamentaires. C’était un homme de grande érudition et qui avait de remarquables qualités intellectuelles.

Henri de Fautrières (1319-1321)

Henri de Fautrières naquit dans le diocèse d’Autun, au château de Courcheval en Bourgogne. Sa date de naissance se situe entre 1230 et 1240. Il s’orienta vers le monastère bénédictin de Cluny et résida dans le petit prieuré de Froville diocèse de Toul. Par la suite, il fut le 29e abbé de Cluny et promulgua des statuts d’une grande sagesse tout en s’efforçant de ramener les moines à la discipline primitive. En 1311, il participa au concile œcuménique de Vienne réuni par le pape Clément V. Le 22 avril 1319, le pape Jean XXII le nomma évêque de Saint-Flour en remplacement de Raymond de Mostuéjouls. Dès le début de son pontificat, il régla diverses questions relatives au chapitre cathédral et au prieuré de Saint-Flour. Mais le nouvel évêque mourut le 2 février 1321, donc très peu de temps après sa nomination, et fut inhumé dans l’ancienne église cathédrale.

Archambaud (1321-1347)

Selon toute vraisemblance, "Archambaud" est un prénom et nullement un nom patronymique, et de ce fait on ignore à quelle famille il appartenait. Il semblerait que celle-ci soit périgourdine, peut-être la famille des Talleyrand-Périgord. Bien que ses origines soient mal connues, on sait qu’il devint moine de l’abbaye bénédictine de la Sauve-Majeure en Gironde. En 1321, il fut nommé évêque de Saint-Flour par le pape Jean XXII, et administrateur de l’abbaye d’Aurillac, ce qui n’alla pas sans difficultés. Mais il sut se montrer à la hauteur de la tâche et remit de l’ordre et de la discipline dans le monastère tout en augmentant ses ressources. Il réunit le premier synode diocésain en 1326. En 1335, le pape lui retira la charge d’abbé d’Aurillac et il put se consacrer entièrement à son diocèse. Archambaud se préoccupa du sort matériel et spirituel de ses prêtres. En 1336, il se rendit auprès du pape d’Avignon, Benoît XII, pour un motif qu’on ignore. Pour des questions d’ordre matériel, il eut des démêlés avec les moines de la Chaise-Dieu. Archambaud avait également l’administration temporelle de la cité épiscopale ce qui occasionna de fréquents conflits avec les consuls. A partir de 1342, sa santé donna des inquiétudes, aussi donna-t-il en 1347 sa démission au pape. On ne connaît pas la date de sa mort, mais il fut enterré dans la cathédrale de Saint-Flour.

Dieudonné de Canillac (1347-1361)

Dieudonné de Canillac était le fils du marquis de Canillac et d’Éléonore d’Apchier, une famille aristocratique ayant donné de nombreux enfants à l’Église et demeurant à La Roche-Canilhac près de Chaudes-Aigues. Il fut d’abord moine à l’abbaye d’Aniane, dans la région de Montpellier, dont l’abbé était l’un de ses parents. Après des études universitaires à Toulouse, il remplit dans son monastère les fonctions de camérier. En 1347, il succéda à Archambaud à la tête du diocèse de Saint-Flour. Il nomma un vicaire général car il résidait auprès du pape Cément VI à Avignon. Un de ses premiers actes dans son diocèse fut de rattacher le prieuré de Roffiac à l’archiprêtré de Saint-Flour. Il apaisa la querelle entre l’abbé de Pébrac et Robert Dauphin d’Auvergne. Il créa des collégiales de prêtres dans les paroisses de Murat, Ruynes et Chaudes-Aigues. En 1342, il participa à la translation du corps de saint Robert de Turlande, fondateur de l’abbaye de la Chaise-Dieu. En 1361, il opéra l’union du prieuré de Vieille-Brioude à la mense abbatiale de Pébrac. Son épiscopat fut assombri par les débuts de la guerre de Cent Ans et les fréquentes incursions des Anglais dans son diocèse. Le 2 août 1361, le pape Innocent VI transféra Dieudonné de Canillac du diocèse de Saint-Flour à celui de Maguelone, dans l’actuel diocèse de Montpellier. Il mourut vraisemblablement en 1366.

Pierre d’Estaing (1361-1367)

Pierre d’Estaing appartenait à une puissante famille rouergate, établie à Estaing près d’Espalion. Une branche de cette famille habitait la château du Saillans, près de Saint-Flour. Elle donnera un autre évêque au diocèse, Joachim d’Estaing. Pierre d’Estaing était le quatrième de neuf enfants, fils de Guillaume et d’Emingarde de Cheylane, en Haute-Auvergne. Il dût naître entre 1324 et 1330. Pierre d’Estaing aurait voulu être militaire mais « il fût d’Église » et devint moine bénédictin à l’abbaye de Conques. Il fit ses études de droit canonique à l’université de Montpellier où il enseigna un certain temps. Il devint ensuite prieur du monastère de La Canourgue, en Gévaudan. Nommé évêque de Saint-Flour par le pape Innocent VI en 1361, Pierre d’Estaing fut très actif dans son diocèse. Il fit notamment construire la belle église gothique de Villedieu où il établit un collège de chanoines. À Saint-Flour il fit édifier l’église des Jacobins (ou frères-prêcheurs, ou dominicains). Malheureusement, l’évêque de Saint-Flour devait connaître bien des difficultés. La peste sévissait périodiquement et amenait souvent la famine. Les Anglais, les grandes compagnies et les « Tuchins » ravageaient le pays et n’hésitaient pas à prendre d’assaut certaines localités, telles Albepierre, Celles, Chaliers ou Paulhac. Dans ce bourg planézard, en 1363, Mignot, bâtard de Guillaume de Cardaillac, vicomte de Murat, s’était emparé de l’église et s’y était retranché comme dans une place forte. De là, il se livrait à des expéditions de pillage dont l’évêque lui-même fut la victime. Celui-ci, chef spirituel et temporel, finit par lever une troupe afin de donner l’assaut à l’église de Paulhac. En 1367, Pierre d’Estaing fut transféré à l’archevêché de Bourges et promus cardinal en 1370. Par la suite, il reçut l’évêché de Ferrare en Italie. Il devait mourir en 1377, doyen du Sacré Collège.

Pierre de Raussen (1368-1374)

On ne sait rien de l’enfance de Pierre de Raussen, le premier évêque choisi en dehors des rangs monastiques. Il accéda au titre de docteur en droit canonique mais on ignore en quelle université il fit ses études. Il fut nommé notaire de la chambre apostolique par le pape Urbain V. Il succéda à Pierre d’Estaing à la tête du diocèse de Saint-Flour, mais ne commença à remplir sa fonction qu’en 1368, le diocèse étant auparavant dirigé par un vicaire général. À son arrivée à Saint-Flour il eut des démêlés avec le duc d’Auvergne, Jean de France, et le roi Charles V dut intervenir et trancher en faveur de l’évêque. Comme son prédécesseur, Pierre de Raussen eut à souffrir de la guerre de Cent ans et des exactions anglaises. Il eût maille à partir avec les consuls de Saint-Flour, réunit un synode en vue de favoriser la vie spirituelle de son clergé et eut un différend avec le chapitre cathédral pour des questions matérielles. Il institua recluse, sur le pont de l’Ander, la veuve de Guillaume Chazelle. Pierre de Raussen mourut en 1374.

Pons d’Aurouze (1374-1383)

Pons d’Aurouze appartenait à une famille illustre de Haute-Auvergne apparentée aux Mercoeur. Pons naquit entre 1301 et 1303, quatrième fils de Bertrand et Luce de Vernols. Vraisemblablement, il fit ses études universitaires à Toulouse, entra dans les ordres et fut chanoine de Saint-Julien de Brioude. En 1374, il fut appelé par le pape Grégoire XI à devenir évêque de Saint-Flour et fut probablement sacré à Saint-Julien de Brioude. La charge temporelle qui lui incombait lui donnait bien des soucis, les administrateurs choisis n’étant pas toujours dignes de confiance. Il rencontra des difficultés avec les consuls à propos du privilège de la garde des clés des portes de la ville. Au moment de la réfection d’une partie des remparts, plusieurs notables se plaignirent à l’évêque de certaines expropriations qui donnèrent lieux à des procès couteux, d’autant que l’affaire fut portée devant le pape Grégoire XI et devant le Parlement de Paris. Cela provoqua un mécontentement populaire très important qui obligea l’évêque à se retirer plusieurs fois à Aurouze. Pons eut aussi des difficultés avec le duc de Berry, qui avait des propriétés dans le diocèse de Saint-Flour. L’évêque de Saint-Flour procéda à l’organisation de divers chapitres de chanoines, notamment à Murat et Massiac. Il améliora le sort matériel des chanoines du chapitre cathédral. Il mourut dans les premiers jours de 1383, déjà fort âgé et affaibli par les épreuves de son épiscopat.

Pierre de Vissac (1383-1396)

Pierre de Vissac appartenait à une grande famille de la région de Brioude. Il naquit dans la première moitié du XIVe siècle et était le second fils d’Etienne de Vissac, chancelier de France, et d’Alix de Poitiers. Il fut conseiller clerc au parlement de Paris, chanoine de l’église de Meaux puis doyen du chapitre de Brioude. Le pape Clément VII le nomma évêque de Saint-Flour en 1383, mais il n’entra dans son diocèse qu’en 1385 et eut à négocier avec les consuls au sujet de leurs franchises et privilèges. La situation n’était guère brillante en raison de la présence des bandes de routiers dans les environs de Saint-Flour et notamment à Alleuze, ce qui donnait lieu à de fréquents affrontements ; peu de temps après, la peste fit son apparition. La cathédrale, qui était en piteux état, s’effondra en partie en 1396. Les cloches furent brisées et on dut les remplacer par cinq nouvelles. Pons de Vissac eut des démêlés avec l’abbé de Pébrac et les consuls de Saint-Flour. Il résidait souvent dans ses châteaux de Vals, Villedieu ou Sériers. En 1396, il fut nommé évêque de Lavaur mais ne prit possession de son siège qu’en 1398 et mourut en 1404.

Hugues de Magnac (1396-1404)

On sait peu de choses sur les origines d’Hugues de Magnac, sinon qu’il naquit dans la Creuse et entra chez les moines bénédictins de Saint-Martial de Limoges. Il devint ensuite prieur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris, puis à partir de 1387, prieur de Sainte-Marie de Gournay-sur-Marne. En 1388, il fut abbé de Rebais au diocèse de Meaux et conseiller du roi. En 1396, le pape Benoit XIII le nomma évêque de Saint-Flour, mais contrairement à ses prédécesseurs, il ne nomma qu’un vicaire général. Le nouvel évêque ne fit son entrée solennelle qu’en 1398 et aussitôt se préoccupa de la reconstruction de la cathédrale en prescrivant des quêtes dans tout le diocèse. La fin du XIVe siècle fut marquée par l’apparition de la peste. En 1401, les Dominicains furent chassés parce qu’ils s’obstinaient à rester fidèle à l’anti-pape. En 1404, Hugues de Magnac fut nommé évêque de Limoges. Il mourut en 1412.

Géraud du Puy (1404-1413)

On ne sait à peu près rien des origines de Géraud du Puy, sinon qu’il naquit à Saint-Flour dans une famille bourgeoise. Il y fut moine bénédictin et se fit remarquer par son érudition. Il fut ensuite prieur du monastère d’Ays, près de la Rochelle, puis prieur de Lavoûte-Chilhac, près de Brioude. En 1403, il fut nommé évêque de Montauban par le pape Benoît XIII, puis évêque de Saint-Flour dès l’année suivante. Il ne prit néanmoins possession de son siège qu’après un certain temps et résidait au château de Sériers en raison de difficultés avec les consuls de Saint-Flour. L’affaire fut même portée devant le roi. Géraud du Puy obtint du pape une somme importante en vue de la reconstruction de la cathédrale. Sous son épiscopat fut achevée l’église collégiale Notre-Dame (1405). La recluserie fut réaménagée et on y introduisit un reclus. En 1406 Géraud du Puy fut nommé par le roi Charles VI membre du grand conseil, et l’année suivante il fut envoyé en Angleterre en vue de la négociation d’une trêve dans la Guerre de Cent ans. Par la suite il fut également envoyé en ambassade en Castille et en Aragon. En 1413, il fut nommé évêque de Mende, mais n’y resta que trois mois car il fut transféré à l’évêché de Carcassonne où il mourut le 8 août 1420.

Bertrand de Cadoène (1412-1426)

Il appartenait à une illustre famille de Gabriac en Gévaudan. Il naquit probablement entre 1366 et 1368 au château de Cadoène, de Bernard et d’Agnès de Chateauneuf-Randon. Il entra chez les moines bénédictins de Cluny où résidait un de ses oncles. Puis il fut prieur de Sauzet, dans le diocèse de Valence. Après sa formation universitaire il obtint une chaire de droit canonique en Avignon. En 1405, il devint évêque de Paphos, dans l’île de Chypre, puis fut nommé en 1413 évêque de Saint-Flour. En 1414, l’évêque de Saint-Flour se rendit au concile de Constance réuni en vue de faire cesser le grand schisme d’occident et les troubles de la papauté. En 1416, saint Vincent Ferrier vint prêcher à Saint-Flour, attirant des foules énormes. Le reclus lui-même fut autorisé à l’entendre. En 1425, Bertrand de Cadoène se rendit à Rome auprès du pape Martin V pour une raison qu’on ignore. C’est sous son épiscopat que la construction de la nouvelle cathédrale commença. En 1426, il fut nommé à Uzès. Il mourut en 1441.

Jacques Le Loup de Beauvoir (1426-1451)

Jacques Le Loup de Beauvoir appartenait à une riche famille du Bourbonnais. Son père était Blain Le loup et sa mère Sibille de Crux. Il naquit au château de Beauvoir. Il entra chez les bénédictins de Charroux et devint en 1419 prieur du monastère de Saint-Pourçain sur Sioule. Le 19 août 1426, il fut nommé évêque de Saint-Flour par le pape Martin V et prit possession de son siège épiscopal en mai 1417. La cité vivait toujours sous la menace des routiers et de la peste. Le 14 mai 1437, Jacques Le Loup reçut le roi Charles VII escorté de son fils le Dauphin, le futur Louis XI. Le roi fut hébergé dans le palais épiscopal mais en dépit d’une légende tenace la favorite Agnès Sorel n’accompagnait pas le Roi. Par la suite le dauphin devait revenir à Saint-Flour. L’évêque prit également à sa charge la construction d’une partie de la cathédrale et ses armoiries se trouvent sur une clef de voûte. Il emprunta personnellement de fortes sommes afin de lever des troupes pour purger le pays des bandes d’écorcheurs. Il résida le plus souvent dans son diocèse où il rendit l’âme le 3 septembre 1451.

Pierre de Léotoing-Montgon (1451-1461)

La famille de Pierre de Léotoing-Montgon était vraisemblablement issue de celle des Mercoeur qui avaient de nombreuses possessions en Haute et Basse-Auvergne. Pierre de Léotoing naquit au château de Chalet près de Massiac entre 1380 et 1390, de Béraud et Isabelle d’Isserpens. Il devint moine de Sauxillanges, puis de Vorlonche près de Brioude, puis prieur du monastère de Saint-Flour. En 1451, en dépit de son âge avancé, il fut nommé évêque de Saint-Flour. Il prit possession de son siège épiscopal en 1452, alors que se terminait la guerre. En 1461, il donna sa démission en faveur de son frère Antoine. Antoine de Léotoing-Montgon (1461-1482)

Antoine de Léotoing-Montgon (1461-1482)

Antoine de Léotoing-Montgon a probablement été moine de Sauxillanges, comme son frère. Il fut ensuite chanoine du chapitre Saint-Julien de Brioude et enfin moine au monastère de Saint-Flour. En 1461, il prit la succession de son frère alors que la peste faisait des ravages dans la région. Le reclus Jean Roussilhes ne fut pas épargné et remplacé par Pierre Martin. Soixante-huit ans après le début des travaux, la nouvelle cathédrale gothique fut enfin terminée et consacrée le 7 décembre 1466. Une inscription gravée sur la façade commémore ce grand événement. Antoine de Léotoing-Montgon fut l’objet de la vindicte du roi Louis XI qui lui reprochait son manque de soumission. Il fut même emprisonné et ne recouvra sa liberté qu’en prêtant serment de fidélité, mais sa santé fut ébranlée. Il mourut dans son manoir de Chalet le 4 novembre 1482.

Claude de Doyat (1483-1493)

Claude de Doyat naquit à Cusset en 1440. Son frère Jean était un favori du roi Louis XI. Il intégra le chapitre cathédral de Clermont mais sans vocation véritable. C’était un homme ambitieux, peu scrupuleux, avide d’honneurs et de richesses. Il devint abbé commendataire de Valette en 1481. Sous la contrainte de Guillaume de Doyat, son frère, le chapitre cathédral de Saint-Flour l’élut évêque de ce diocèse en 1483. Cette élection était entachée de nullité, aussi Claude de Doyateut-il des difficultés à trouver un évêque consécrateur. De fait, Louis XI avait comme candidat à l’évêché de Saint-Flour Charles de Joyeuse. Aussi intervint-il auprès du pape pour faire annuler l’élection de Claude de Doyat. Celui-ci entra en relation avec Sixte IV afin de plaider sa cause, mais en vain, car le pape annula son élection. Doyat fit alors intervenir le Parlement de Paris en 1486, qui le maintint à la tête de l’évêché de Saint-Flour. À son tour, le nouveau pape Innocent VIII confirma la validité de l’élection de Doyat, si bien que Charles de Joyeuse tenta de le déloger par la force mais sans succès. Finalement, le pape Alexandre VI Borgia le destitua définitivement en 1493 et nomma Charles de Joyeuse à sa place.

Charles de Joyeuse (1493-1500)

Charles de Joyeuse appartenait à une famille illustre de Chateauneuf-de-Randon, en Gévaudan. Il naquit au château de Joyeuse vers 1451, le second des cinq enfants de Tannery de Joyeuse et Blanche de Tournon. Charles étudia le droit à l’université de Valence. En 1483, le roi Louis XI le fit nommer évêque de Saint-Flour, mais la place était prise et le fut jusqu’en 1493. Peu après son entrée en fonction, il eut des démêlés avec l’abbé d’Aurillac qui n’entendait ne relever que du saint Siège et put maintenir son privilège. En 1493, l’église de Murat fut détruite par un incendie. L’évêque organisa des quêtes dans le diocèse en vue de sa reconstruction. En 1500, Charles de Joyeuse se démit de ses fonctions en faveur de son neveu, Louis de Joyeuse, mais celui-ci étant âgé de 18 ans, Charles resta administrateur du diocèse jusqu’à sa mort en 1502. Au cours de son pontificat il fit construire la tour des cloches de la cathédrale.

 

 

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