Le pélerinage de Notre-Dame des Miracles à Mauriac

Vie Diocésaine n°4 - Avril 2016

 

L’origine du pèlerinage de Notre-Dame des Miracles est très ancienne et donc mal connue. Une légende de fondation attribue la découverte miraculeuse de lastatue de Notre-Dame des Miracles à Théodechilde, fille ou petite-fille de Clovis et fondatrice du monastère de Mauriac. Au début du XIe siècle, une noble dame nommée Ermengarde s’était rendue à Saint-Mary-le-Cros afin de dérober les reliques de l’apôtre Mary, considérant qu’elles seraient plus dignement vénérées à Mauriac. La présence de ces importantes reliques a joué un rôle non négligeable dans le pèlerinage de Mauriac, et les deux cultes combinés expliquent l’importance du site au Moyen Âge. Il est difficile d’imaginer qu’à quelques dizaines de mètres de la basilique s’élevait une autre église romane, plus imposante encore et entourée des bâtiments conventuels. Si cette église a entièrement disparu peu après la Révolution, une partie du cloître et la salle capitulaire peuvent se visiter. On peut supposer que le pèlerinage de la Vierge a commencé immédiatement après la construction de l’église, dans la première moitié du XIIe siècle.

De nombreux pèlerins se rendaient à Conques et faisaient halte à Mauriac pour vénérer les reliques de saint Mary et à Aurillac pour vénére celles de saint Géraud. À Mauriac, on priait devant la statue de Notre-Dame des Miracles à qui l’on demandait plus particulièrement la libération des prisonniers. D’autres « pèlerinages de libération » existaient à Orcival, à Conques, ou plus modestement à Notre-Dame-de-Lorette de Salers. Les prisonniers accrochaient les fers et « menottes » dont ils avaient été délivrés au-dessus du portail. On peut en voir un exemplaire encore accroché à l’intérieur de la basilique. Quant à la « Vierge noire » toujours vénérée à Mauriac, elle a probablement remplacé une Vierge romane trop détériorée comme ce fut le cas à Quézac. Cette statue massive et imposante est l’oeuvre d’un sculpteur local du début du XVIIIe siècle, auteur de plusieurs autres statues conservées dans les églises des environs.

Le pèlerinage de Mauriac, l’un des plus anciens de la Haute-Auvergne, est encore bien vivant aujourd’hui, et sa basilique est incontestablement l’un des joyaux de l’art roman auvergnat.


Pascale Moulier
Archiviste diocésain

 

POUR EN SAVOIR PLUS

 

  • J.-B. Chabau, Pèlerinages et sanctuaires de la Sainte Vierge dans le diocèse de Saint-Flour, Paris,1888.
  • Pierre Moulier, La basilique Notre-Dame des Miracles de Mauriac, éditions Créer, 2006.
  • Pierre Moulier, Enquête sur la Vierge noire de Mauriac, Saint-Flour, 2015.