Le Pèlerinage de la Font-Sainte

Vie Diocésaine n°7 - Juillet-Aout 2016

La Font Sainte est l’un des trois plus importants lieux de pèlerinages du Cantal, avec Quézac et Lescure. Il existait ici un culte ancien lié à l’eau et probablement christianisé à une époque indéterminée. Un modeste oratoire aurait abrité une statue « rapportée des croisades » par les seigneurs d’Apchon, un processus que l’on observe à plu- sieurs reprises en Haute-Auvergne afin d’attribuer une tradition orientale aux Vierges romanes auver- gnates. Cette antique statue aurait été détruite par les huguenots, ainsi que l’oratoire, mais les pèle- rins se rendaient toujours à la source. En 1743, Marie Galvain, une jeune fille du village de Rastoul, paroisse de Saint-Hippolyte, reçoit la visite de la Vierge qui lui demande de rebâtir l’oratoire abandonné de la Font Sainte.

Elle lui précise également l’endroit où elle souhaite qu’une chapelle soit édifiée au-dessus de la source. Marie Galvain, soutenue par Monseigneur Massillon, fait reconstruire l’oratoire et y dépose une statue représentant le groupe de la Visitation que l’illustre prélat lui avait confié. C’est au père Murat, originaire d’Orcières de Neuvéglise, que l’on doit la réalisation d’une véritable chapelle, solennellement bénite en 1837. Celle-ci héberge la statue de Notre-Dame de la Font Sainte durant l’été, car la « Vierge des bergers » est transhumante et redescend dans l’église de Saint- Hippolyte au début de l’hiver, comme les bêtes autrefois rejoignaient la vallée. Quand elle remontait au printemps dans sa chapelle, les bergers venaient des mon- tagnes environnantes faire bénir leurs troupeaux.

 

La croix qui se trouve près de la source semble remonter à la fondation de l’oratoire par Marie Galvain. En 1886, la chapelle est augmentée d’un nouveau transept et d’un chœur comportant une étonnante coupole.

Les modillons qui décorent le chevet ne sont pas moins originaux. La nef de 1837 était couverte d’un plafond lambrissé décoré de multiples scènes peintes représentant l’apparition et les origines du pèlerinage. En 1966 on supprima ce lambris pour le remplacer par un berceau en pin des landes, faisant ainsi disparaître un précieux témoignage populaire. Reste le tableau du peintre condatais Émile Rollier, daté de 1929, qui rappelle le faste de ces processions où se pressaient jeunes pâtres et troupeaux.

 

Pour en savoir plus

Pascale Moulier, archiviste-diocésain
Chapelles rurales du Cantal, La Flandonnière, 2014.