Edito Juin 2016

Annoncer, célébrer, servir

Le présent numéro de la vie diocésaine annonce la nomination d’une nouvelle déléguée pour la coopération missionnaire, la composition du conseil diocésain pour le diaconat et celle du conseil diocésain de la solidarité. Le jour de la Pentecôte, en la cathédrale, nous avons célébré, diocèse de Clermont et diocèse de Saint-Flour, le 70° anniversaire du Secours Catholique fondé, au lendemain de la guerre, à l’initiative de Mgr Rhodain.

Ces quatre éléments, dans leur diversité, ont un point commun : ils soulignent, ils mettent en œuvre, l’une des trois dimensions qui définissent la mission de l’Église, le service, la diaconie. Nous en avons redécouvert, ces dernières années, la place centrale, articulée à l’annonce de la parole et à la célébration. Ce sont là les trois piliers de la mission que l’on ne doit jamais séparer. Je souhaitais le redire au moment où nous nous préparons à célébrer le 7° centenaire de notre Église diocésaine. Je le fais bien simplement en reproduisant ici quelques extraits de l’homélie prononcée à la cathédrale à l’occasion du 70° anniversaire du Secours Catholique :

Le pape Benoit XVI le dit explicitement : « la nature profonde de l’Église s’exprime dans une triple tâche : annonce de la Parole de Dieu, célébration des sacrements, service de la charité. Ce sont trois tâches qui s’appellent l’une l’autre, qui ne peuvent être séparées l’une de l’autre. La charité n’est pas pour l’Église une sorte d’activité d’assistance sociale qu’on pourrait aussi laisser à d’autres, mais elle appartient à sa nature, elle est une expression de son essence elle-même à laquelle elle ne peut renoncer ».

Si le pape doit ainsi le rappeler c’est bien  que, depuis un certain temps, nous avions surtout insisté, sur l’annonce de la parole et la prière, reléguant le partage fraternel à un rang second, comme une sorte de travaux pratiques. La charité, le service, la diaconie comme on dit parfois, retrouve aujourd’hui toute sa place dans la mission de l’Église, avec l‘annonce de la Parole et la célébration. Elle n’est pas facultative, elle ne constitue pas simplement un plus. Il n’y a pas d’Église missionnaire sans cette dimension du service. La parole de Dieu reste muette si elle ne s’incarne pas dans les gestes du service des plus pauvres. L’Église toute entière y est appelée et personne ne peut se considérer comme dispensé d’y prendre sa part. Certes, nous ne le vivons pas tous de la même manière. Les dons de l’Esprit sont variés et par les charismes de chacun l’Église exerce les trois dimensions de sa mission. Tous sont appelés à vivre le service de la charité même si tous ne l’exercent pas de la même manière…

L’une des institutions qui a aidé l’Église à remettre en avant cette dimension de sa mission est le Secours Catholique. Né il y a 70 ans au lendemain de la guerre. Mgr Rhodain son fondateur avait compris que, dans cette période de grande misère pour beaucoup, l’Évangile n’aurait de crédit que s’il se faisait service. Le Secours Catholique a rassemblé beaucoup de bonnes volontés, de dévouement, d’intelligence de la charité. Il a compris qu’il ne pouvait pas seulement « travailler pour les pauvres » mais aussi avec eux : « Pas à pas mais pas sans toi ». « Ils ont beaucoup à nous enseigner…Par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant…Il est nécessaire que nous nous laissions évangéliser par eux…Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leur cause, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (Pape Francois Evangelii Gaudium 198)

 

+ Bruno Grua