Edito décembre 2016

Prêtres diocésains : une reconnaissance étonnée !

 

Même si elle ne fut pas la plus médiatisée, la question de « l’éveil des vocations de prêtres diocésains » est sans doute la plus importante de celles que nous avons abordées à Lourdes au cours de la dernière assemblée des évêques de France. Chacun comprend que, si ce n’est pas la seule question, c’est une question majeure pour l’avenir de nos Églises, de tous les diocèses en France. Sur un fond d’histoire, de culture, de préoccupations communes, les analyses, les réflexions, les perspectives sont évidemment diverses selon les situations des diocèses, ruraux ou urbains, ceux qui gardent les jeunes et ceux qui les voient partir pour leurs études supérieures ou leur vie professionnelle.

Pour nous en tenir au diocèse de Saint-Flour, les perspectives laissent espérer qu’au terme de quinze ans d’épiscopat j’aurai ordonné trois prêtres diocésains. Ces trois vocations présentent un trait commun : chacune nous a été donnée de manière inattendue. Aucune n’a grandi selon un parcours prévisible et maitrisé. J’y vois personnellement un signe fort : c’est le Seigneur qui appelle et qui donne ! Cela est vrai des vocations de prêtres parce que c’est le mystère même de l’Église qui n’est pas d’abord notre projet mais qui est appel, écoute, réponse, don. Aussi, à travers ces parcours surprenants, sommes-nous remis face à l’essentiel. Nous accueillons ce don du Seigneur avec un sentiment de « reconnaissance étonnée » selon l’expression de l’un de mes confrères à Lourdes. Il nourrit notre prière, fortifie notre Espérance. Renouvelons notre manière de regarder le petit nombre. Arrêtons de geindre. Écoutons ce que Dieu veut nous dire. Rendons grâces pour chaque petit miracle que représentent la naissance et l’éclosion d’une vocation sacerdotale.

Mais en même temps l’Église sait bien que, pour avancer, elle ne doit pas compter simplement sur les miracles ! Ils sont là pour nous rappeler que c’est Dieu qui la construit mais cela reste vrai aussi quand des fruits nous sont donnés au terme de nos réflexions, de nos initiatives, de notre travail. Comment espérer, sauf miracles, que des jeunes entendront l’appel du Seigneur, si nous n’avons pas demain une « pastorale des jeunes » plus active ? C’est dans ce cadre que, après la famille, ils peuvent entendre la Parole de Dieu, vivre des sacrements, expérimenter la joie de la fraternité et du service. Des groupes existent déjà et je me réjouis de les voir se fortifier : groupes d’aumônerie, témoins et bâtisseurs, Pélé VTT, Pizza-Ecclesia, Comédie musicale, Journée mondiales de la jeunesse, Hospitalité diocésaine, servants d’autel, salon des jeunes…Plutôt que d’avoir peur, ayons la conviction qu’entendre l’appel de Dieu est la meilleure nouvelle qui puisse arriver à un jeune et soutenons-le. Offrons et soignons des lieux d’intériorité qui leur permettent d’entendre l’appel et de se laisser façonner pour y répondre. Faisons des propositions exigeantes qui invitent à un dépassement de soi, où résonne dans sa radicalité le message évangélique.

Bien conscient de l’urgence de cette question, le service diocésain des vocations aimerait nous proposer une année de l’appel pour nous remettre tous ensemble face à ce mystère de foi qui donne sens à toute existence chrétienne. Nous en reparlerons. C’est au sein d’une Église où tous sont appelés par grâce du Seigneur, que quelques-uns le sont plus particulièrement pour être ensemble au milieu de nous signe du Seigneur qui appelle, rassemble, nourrit, envoie.

Le pape François a annoncé que le prochain synode aurait pour thème : « La jeunesse, la foi, le discernement vocationnel ».

Ces projets se conjuguent pour mettre cette question au cœur de nos préoccupations et de notre prière, au moment où notre Église diocésaine regarde vers l’avenir en entrant dans le huitième siècle de sa mission.

+ Bruno Grua