La réconciliation

Le Seigneur Jésus-Christ a voulu que son Église continue, dans la force de l’Esprit Saint, son œuvre de guérison et de salut. C’est le but des deux sacrements de guérison : du sacrement de Pénitence et de l’Onction des malades.

Pour toutes démarches relatives à la réconciliation, merci de contacter le prêtre de votre paroisse.

 

La vie nouvelle reçue dans l’initiation chrétienne n’a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination au péché. Ce péché est avant tout offense à Dieu, rupture de la communion avec Lui. Il porte en même temps atteinte à la communion avec l’Église. C’est pourquoi la conversion apporte à la fois le pardon de Dieu et la réconciliation avec l’Église, ce qu’exprime et réalise liturgiquement le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation.

Le Christ a voulu que son Église soit tout entière le signe et l’instrument du pardon et de la réconciliation qu’Il nous a acquis au prix de son sang. Il a confié l’exercice du pouvoir d’absolution au ministère apostolique.

Le ministre est envoyé « au nom du Christ », et c’est Dieu lui-même qui, à travers lui, exhorte et supplie : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ».

  • Sacrement de conversion puisqu’il réalise sacramentellement l’appel de Jésus à la conversion, la démarche de revenir au Père dont on s’est éloigné par le péché.
  • Sacrement de pénitence puisqu’il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur.
  • Sacrement de la confession puisque l’aveu, la confession des péchés devant le prêtre est un élément essentiel de ce sacrement. Dans un sens profond, ce sacrement est aussi une « confession », reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l’homme pécheur.
  • Sacrement du pardon puisque par l’absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent « le pardon et la paix ».
  • Sacrement de réconciliation car il donne au pécheur l’amour de Dieu qui réconcilie. Celui qui vit de l’amour miséricordieux de Dieu est prêt à répondre à l’appel du Seigneur : « Va d’abord te réconcilier avec ton frère ».

A travers les changements que la discipline et la célébration de ce sacrement ont connus au cours des siècles, on discerne la même structure fondamentale. Elle comporte deux éléments également essentiels ; d’une part, les actes de l’homme qui se convertit sous l’action de l’Esprit Saint : à savoir la contrition, l’aveu et la satisfaction ; d’autre part, l’action de Dieu par l’intervention de l’Église. L’Église qui, par l’évêque et ses prêtres, donne au nom de Jésus-Christ le pardon des péchés et fixe la modalité de la satisfaction, prie aussi pour le pécheur et fait pénitence avec lui. Ainsi le pécheur est guéri et rétabli dans la communion ecclésiale.

La formule d’absolution en usage dans l’Église latine exprime les éléments essentiels de ce sacrement : « Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde ; par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés : par le ministère de l’Église, qu’il vous donne le pardon et la paix. Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je vous pardonne tous vos péchés ».

Le mouvement de la conversion et de la pénitence a été merveilleusement décrit par Jésus dans la parabole dite « du fils prodigue » dont le centre est « le père miséricordieux » (Lc 15, 11-24) :

  • la fascination d’une liberté illusoire,
  • l’abandon de la maison paternelle ;
  • la misère extrême dans laquelle le fils se trouve après avoir dilapidé sa fortune ;
  • l’humiliation profonde de se voir obligé de paître des porcs, et pire encore, celle de désirer se nourrir des caroubes que mangeaient les cochons ;
  • la réflexion sur les biens perdus ;
  • le repentir et la décision de se déclarer coupable devant son père ; le chemin du retour ;
  • l’accueil généreux par le père ; la joie du père : ce sont là des traits propres au processus de conversion.

La belle robe, l’anneau et le banquet de fête sont des symboles de cette vie nouvelle, pure, digne, pleine de joie qu’est la vie de l’homme qui revient à Dieu et au sein de sa famille, qui est l’Église.

Seul le cœur du Christ qui connaît les profondeurs de l’amour de son Père, a pu nous révéler l’abîme de sa miséricorde d’une manière si pleine de simplicité et de beauté.