Une belle figure de sainteté

Béatifié par le Pape Benoit XVI le 13 novembre 2005, Charles de Foucauld est mort il y a tout juste cent ans, le 1er décembre 1916, tué au cours d’un rezzou dans son bordj de Tamanrasset. Ainsi les petites Soeurs de Jésus présentent-elles leur « fondateur » : un jeune officier incroyant qui s'ennuie, un riche héritier qui ne pense qu'à faire la fête, un explorateur au Maroc, un homme bouleversé soudain par la bonté de Dieu, un moine en Syrie, puis un ermite à Nazareth, un prêtre au Sahara, qui se veut « frère universel », et qui devient, concrètement, frère de quelques Touaregs.

Historique


En 1955, l'Association Famille Spirituelle Charles de Foucauld comptait 8 groupes :
Union-Sodalité, Groupe Charles de Foucauld, Petites Soeurs du Sacré-Coeur, Petits Frères de Jésus, Petites Soeurs de Jésus, Fraternité Sacerdotale, Fraternité Jesus-Caritas, Fraternité Séculière Charles de Foucauld. Par la suite, différents groupes ont enrichi la famille spirituelle :

1968 : Petits Frères de l'Evangile
1971 : Petites soeurs de l'Evangile
1974 : Petites soeurs de Nazareth
1980 : Comunitat de Jesús
1984 : Piccoli Fratelli di Jesus Caritas
1985 : Petits Frères de l'Incarnation
1986 : Petits Frères de la Croix
1987 : Petites soeurs du Coeur de Jésus
1992 : Fraternité Charles de Foucauld
1994 : Petites soeurs de l'Incarnation
1997 : Missionnaires de Jésus-Serviteur
2007 : Discepole del Vangelo


Aujourd'hui, il s'agit donc de 20 groupes comprenant

plus de 13 000 membres à travers le monde.

 

Fraternité universelle

 

Comme tout être humain, Foucauld a vécu de multiples ambiguïtés tout au long de son existence.  Mais un feu les traverse: une extrême intensité d'amour. Foucauld est d'un cœur extraordinairement ardent. Il a aimé d'un amour fou le Dieu  qui s'est fait connaître à lui en 1886. En Jésus de Nazareth il a reconnu Dieu qui se donne à l'humanité entière; il a désiré d'un même amour fou que tous puissent Le rencontrer à leur tour et, à partir de 1901, il a tout  mis en œuvre pour aider à cette rencontre. «Frère universel», tel qu'il se voulait, ne signifiait pas qu'il éprouvait pour tous un bon sentiment large et vague, mais que. Concrètement, dans son humanité, il s'était fait un cœur chaleureux envers tous. Dans la foi il vivait la conviction, toute paulinienne, que tous, hommes et femmes, juifs, musulmans, païens, libres et esclaves, avaient droit à savoir qu’ils sont aimés de Dieu; et qu'il fallait donc, dans leur langage, leur apprendre qu'ils étaient, dans la Communion des saints, traversés par la vie du Christ ressuscité. Foucauld s'est ainsi senti appelé à l'universel, en charge de l'universel de l'amour - amour humain, amour christique ensemble.

Cet universalisme n'est pas chez lui une vague proclamation, mais un devoir - le devoir d'universalité - et une action. Pour lui rien de ce qui est humain ne peut rester étranger à un disciple de Jésus; dès Beni-Abbès, il dénonce l'esclavage inadmissible qu’il y trouve, et de plus en plus avec les années, il parle à la fois morale naturelle et développement de ce peuple gui lui a donné l'hospitalité; il veut que le troisième terme de la devise de la République, la Fraternité, terme dont il sait bien toute la teneur laïque, ne reste pas un vain mot; il demande que  les Touaregs et tous les peuples que la France occupe en colonisatrice puissent croitre et acquérir un statut comparable à celui des Français; la fraternité laïque que prônent les républicains et la fraternité des croyants, chrétiens  ou  musulmans,  se rejoignent pour lui en une double exigence; et c'est réalisme, d'ailleurs, que de les appliquer l'une et l'autre, le 16 février 1912 : « Si, oublieux de l'amour du prochain commandé par Dieu, notre Père commun, et de la fraternité écrite sur nos murs, nous traitons ces peuples non en enfants mais en matière d'exploitation, l'union que nous leur aurons donnée se retournera contre nous et ils nous jetteront à la mer à la première difficulté européenne.» Foucauld veut que les Touaregs soient frères des Français et donc citoyens à part entière, ayant les mêmes droits. S'il est là-dessus bien en avance sur son temps, en même temps il est assez réaliste pour voir ce à quoi abouti­ rait le refus d'égalité, ce qu'il appelle «l'exploitation ».

Il n'en est pas resté à un universel flou ; outre son travail scientifique et humanitaire, il s'est de plus engagé à vouloir annoncer l'Évangile dans cet ensemble; la France et ces peuples sont pour lui son pays de Mission. Ce n'est pas là une limitation du champ d'action - universel -  de  la Mission, mais le choix nécessaire d'un terrain limité où annoncer l'Évangile : l'on retrouve ici son sens de la stratégie dans la façon de circonscrire l'objectif qu'il veut atteindre, de s'y tenir, de tout mettre en œuvre pour poursuivre le but fixé.

 

Prière d’abandon

 

Mon Père,

Je m'abandonne à toi,
fais de moi ce qu'il te plaira.

Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout, j'accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d'autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l'amour de mon cœur,
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

 

Cette prière est la prière commune à tous ceux et celles qui se réclament de Charles de Foucauld, partout dans le monde ; c’est pourquoi elle a été traduite dans beaucoup de langues.Charles ne l’a pas écrite telle quelle : elle a été tirée d’une méditation plus ample, écrite en 1896, dans laquelle il cherchait à rejoindre la prière de Jésus sur la croix.